ACTE III, SCÈNE II I^f
MARIANNE, quittant le bureau.
Voici ma lettre.
LE DOCTEUR, à Marianne.
Je m'en charge... Et à présent que votre garçon est complètement au calme, il vous est interdit, n'est-ce pas ? de retourner près de lui. On vous connaît : vous recommenceriez à ne pas le quitter. Couchez-vous, je vous en prie, je vous l'ordonne !...
MARIANNE
Bien, docteur... Je vous dois trop pour braver votre défense, au moment de vous dire adieu et merci. C'est vous qui avez sauvé mon fils 1
LE DOCTEUR
Oh! c'est moi!... C'est surtout les bons parents comme vous autres, qui m'avez assisté de votre vigilance. Ou plutôt, c'est je ne sais quoi de mystérieux qui décide au-dessus de nous tous! Car, il y a deux semaines, la veille de votre arrivée, j'étais là-bas aussi le médecin, près de pa-
rents qui vous valent. Et le même mal régnant nous a enlevé le petit Saint-Eric...
MARIANNE, bouleversée.
Il est mort!
LE DOCTEUR, fâché contre lui-même.
Vous ne le saviez pas?
MADAME DE POGIS, arrachée à sa lecture.
On vous Fa caché, tant qu'une pareille horreur menaçait ici... Il fallait bien vous laisser tout votre courage.
MARIANNE
Mon Dieu! C'était cela! Voilà pourquoi je n'ai point vu Paulette... Vous me laissiez croire qu'elle se gardait de rapporter la contagion chez elle!... Qu'aura-t-elle pensé de mon silence dans son accablement?
MADAME DE POGIS
Elle est informée de l'ignorance où vous êtes.