ACTE III, SCÈNE III I
MAX
De nous deux, c'est encore ma part qui continue d'être la pire. Maintenant que c'est fini de trembler pour notre fils, vous pouvez, vous, respirer librement. Moi, je sors d'un mirage où j'ai aperçu mon ancien foyer comme une chose rétablie. Et l'oppression me saisit, de ce qu'il va retomber en morceaux, par mon propre ouvrage, par ma démence de l'avoir un jour irréparablement brisé !
MARIANNE
Vous ne devez pas faire d'allusion à nos sujets personnels. Dès l'instant que je me mettais sous votre hospitalité, il a été tacitement convenu que je n'en connaîtrais que la discrétion.
MAX
Vous n'empêcherez pas que, depuis votre rentrée dans cette demeure, il y ait, de vous à moi, quelque chose de changé.
MARIANNE
Mais non ! Cela ne doit pas être. Cela n'est pas !
MAX
Voyons : pendant quinze jours, en ce péril qui menaçait de nous frapper ensemble, nous avons vécu de la même âme. D'heure en heure, nous nous sommes chuchoté à Foreille des encouragements ou des alarmes. Et parfois, pour s'emprunter l'un à l'autre un rayon d'espoir, on s'est consulté, sans réserve, jusqu'au fond des yeux...
MARIANNE
Oui, il y a eu des regards qui allaient loin... Dieu merci! ce temps-là n'est plus!
MAX
Après ce qui s'est passé de la sorte, nous ne retrouverons pas les sentiments de défiance dans lesquels nous nous étions récemment abordés. Comment ferions-nous désormais, quelle comédie nous faudrait-il, en nous rencontrant, pour ne plus nous recOi&cAÎcre ?
MARIANNE
Votre existence et la mienne vont reprendre