‹ Le dédale, pièce en cinq actes, en prose. Représentée pour la première fois sur la scène du Théatre-Français, le 19 décembre 1903Chapitre 7 sur 130 · ACTE I, SCÈNE III If · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III If

MARIANNE

Sachez bien, Guillaume, que je suis très émue de vous voir dans cet état! Vous me touchez infiniment!... Si vous supposez que pour vous je ne sois pas prête aux larmes, faites-moi seulement envisager que vous seriez capable de m*en vouloir, de me retirer vos bonnes attentions, votre chère présence... Tenez : ce n'est pas seulement vous-même qui articulez cette menace, et voici déjà que j'en pleurerais!...

GUILLAUME

Mon amie adorée, ne me laissez pas le temps de vous demander pardon. Allez, avec ces nerfs que ma brusquerie a secoués, allez, avec ce cœur qui se gonfle, vous jeter aux genoux de votre mère!...

MARIANNE

Quoi! tout de suite?

GUILLAUME

Allez lui dire que vous ne ferez pas mon mal-

l6 LE DÉDALE

heur. Allez lui montrer dans vos yeux que vous n'en avez pas le courage !

MARIANNE

Je vous en prie, laissez-moi un délai pour me recueillir, pour me préparer mieux à une discussion si redoutable!.,.

GUILLAUME

Ah ! que vous êtes vite redevenue prudente et raisonneuse!... Mon pauvre amour ne trouve pas dans ses ressources de quoi vous communiquer

l'inspiration. (Le timbre de l'entrée de l'hôtel retentit.)

N' arrivera- t-il rien, Marianne, que faudrait-il pour faire surgir de vous une de ces lames de fond qui emportent tout?

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