ACTE I, SCÈNE III If
MARIANNE
Sachez bien, Guillaume, que je suis très émue de vous voir dans cet état! Vous me touchez infiniment!... Si vous supposez que pour vous je ne sois pas prête aux larmes, faites-moi seulement envisager que vous seriez capable de m*en vouloir, de me retirer vos bonnes attentions, votre chère présence... Tenez : ce n'est pas seulement vous-même qui articulez cette menace, et voici déjà que j'en pleurerais!...
GUILLAUME
Mon amie adorée, ne me laissez pas le temps de vous demander pardon. Allez, avec ces nerfs que ma brusquerie a secoués, allez, avec ce cœur qui se gonfle, vous jeter aux genoux de votre mère!...
MARIANNE
Quoi! tout de suite?
GUILLAUME
Allez lui dire que vous ne ferez pas mon mal-
l6 LE DÉDALE
heur. Allez lui montrer dans vos yeux que vous n'en avez pas le courage !
MARIANNE
Je vous en prie, laissez-moi un délai pour me recueillir, pour me préparer mieux à une discussion si redoutable!.,.
GUILLAUME
Ah ! que vous êtes vite redevenue prudente et raisonneuse!... Mon pauvre amour ne trouve pas dans ses ressources de quoi vous communiquer
l'inspiration. (Le timbre de l'entrée de l'hôtel retentit.)
N' arrivera- t-il rien, Marianne, que faudrait-il pour faire surgir de vous une de ces lames de fond qui emportent tout?