ACTE III, SCÈNE V IfÇ
MAX
Nous aurons tous les deux, au contraire, un soulagement d'avoir vu clair, une fois, dans ce
qui nous est arrive.
MARIANNE
Vous croyez, malheureux!... Vous allez raviver la blessure... Vous y tenez?
MAX
Oui!
Soit! Elle a encore de quoi saigner! (Elle va fermer
la porte du couloir.)
MAX, reprenant l'entretien à voix haute.
Voici ce que j'ai à vous dire : je vous ai trahie autrefois, sans être détaché de vous. Je respirais mal, je souffrais de vous être infidèle. Je n'aurais pas eu longtemps le triste courage de vous tromper. Si vous n'aviez pas découvert ma faute presque aussitôt qu'elle exista, déjà, de moimême ie me sentais bien près d'y échapper...
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Mais, devant la catastrophe, je perdis la tête. Au lieu de me regarder comme la seule cause du mal qui nous accablait tous les deux, je me pris à vous en vouloir, à vous, pour m'avoir démasqué. Je vous détestai de m'avoir fait éprouver que j'avais commis un vrai crime!
MARIANNE, dans une lamentation indignée.
Vous me rendiez responsable, moi!... Vous m'accusiez de quelque chose, moi!...
MAX
Je me confesse : je vous dévoile à quel point le mauvais orgueil, les regrets, la souffrance, me rendaient absurde et mauvais !... J'étais ainsi dans la voie de toutes les iniquités, quand j'eus à prendre parti vis-à-vis de la vengeance que vous exerciez... Vous aviez publiquement chassé celle qui vous avait offensée; ce qui la faisait exécuter, sans retard, dans le cercle de nos relations et des siennes. Je ne conteste pas que votre attitude ait été en cela légitime. Je réponds seulement que j'en fus rejeté vers la femme que j'avais conscience d'avoir déshonorée. Je me fis proba-