‹ Le dédale, pièce en cinq actes, en prose. Représentée pour la première fois sur la scène du Théatre-Français, le 19 décembre 1903Chapitre 78 sur 130 · ACTE III, SCÈNE V l6l · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V l6l

blement l'idée la plus fausse, j'obéis à la conception la plus déplacée d'un devoir. Mais ma faute, que vous aviez proclamée, me liait à une complice, par le respect humain, par une des formes deThonnêteté... Dieu me garde aujourd'hui de charger la mémoire d'une morte qui a porté mon nom! Cependant la vérité veut que je déclare avoir été mené à cet autre mariage comme à une réhabilitation que je devais. Et c'est ainsi que, pour un caprice terminé, j'ai pris la chaîne, portant toujours, de plus en plus lourdement, le regret de vous avoir perdue...

MARIANNE, avec des larmes dans la voix.

Quand votre trahison se révéla, vous auriez dû tout mettre en œuvre pour m' apaiser, pour me reprendre.

MAX

Rappelez-vous dans quels termes écrasants vous m'avez alors répudié!... Et vous ne pouvez pas savoir le visage que vous dressiez devant moi... J'ai cru sincèrement que la fin de toutes choses venait, comme la foudre, de s'abattre entre nous.

l62 LE DÉDALE

MARIANNE, de plus en plus gémissante.

Il ne fallait rien croire... Il ne fallait pas m'écouter, dans cette plainte horrible de ma chair jalouse, dans ce déchirement de ma confiance infinie!

Quoi, Marianne?... Si je n'avais pas ajouté foi à vos protestations, si j'avais été moins crédule ou plus hardi, si je m'étais jeté tout de suite à vos pieds, c'est donc vrai que j'y aurais trouvé mon pardon ?

MARIANNE

Qui est-ce qui peut jamais répondre de soimême? Qui sait comment tournent les choses à certains moments?... J'étais ivre de douleur, folle de désespoir... Je m'étais abattue sur ce canapé, comme si j'avais été frappée d'une balle...

MAX

Mon Dieu! Quel mal j'ai fait!

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