‹ Le dédale, pièce en cinq actes, en prose. Représentée pour la première fois sur la scène du Théatre-Français, le 19 décembre 1903Chapitre 80 sur 130 · ACTE III, SCÈNE V l6f · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V l6f

jamais eu d'amour que pour toi. Tous mes souvenirs d'amour, c'est toi... Tous mes désirs d'amour, c'est encore toi! c'est toujours toi!

MARIANNE Tu mens!... (Revenant à la réalité.) Oh!... Allcz-

vous-en!

MAX

Non, ne te reprends pas! Notre ancien tutoiement a bien refleuri sur ta bouche!

MARIANNE, le fuyant.

Vous m'avez affolée! J'ai la fièvre! Je ne sais plus ce que je dis! Je ne suis plus moi-même!

MAX

C'est bien toi que je retrouve, au contraire, comme le soir de notre mariage, avec tes cheveux ainsi tombés, les épaules nues et ton corps qui frissonne en pressentant ce que je te veux?

MARIANNE

Laissez-moi! par pitié!

l66 LE DÉDALE

MAX

Non, Marianne! Ta plainte est finie. Le seul 'nauvais souvenir, la seule tristesse que tu aies respires dans cette chambre, tu viens de les exhaler. Rappelle-toi maintenant tous les autres souvenirs, tout ce qui a régné, en ce lieu, d'exquis et de passionné, de si violent et de si doux!

MARIANNE

Taisez- vous!... Je vous en supplie : taisez-vous!

MAX

Je pourrais me taire, et pourtant tu ne cesserais plus d'entendre autour de toi un réveil de choses, où ce sont nos baisers qui se remettent à chanter!...

MARIANNE

Je ne veux rien entendre !

MAX

Écoute! Si! Écoute comme l'air vibre encore

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