ACTE III, SCÈNE V
MARIANNE, avec un regard fixe qui revoit le passé.
Les heures de la nuit s'écoulaient sans que je bouge!... Je me disais : Il va venir heurter à cette porte!...
MAX
Si j'étais venu, Marianne, vous me l'auriez donc ouverte comme ce soir?
MARIANNE
Je me disais : AuraJs-je l'abjection de ne pas savoir me défendre contre ses protestations, ses prières, ses caresses!...
MAX
Cent fois j'ai dressé Foreille, me disant : C'est sa voix.
MAX
Marianne! Marianne! pardon!
164 LEDÉDALE
MARIANNE, comme si elle écoutait le passé.
Oui, me disais-je, c'est lui enfin!... Que va-t-il accomplir de miraculeux?
MAX
Marianne!
MARIANNE
N'a-t-il pas, pour râche, pour devoir le plus sacré, de faire que mon cœur ne soit plus glacé dans ma poitrine, que ma pauvre tête ne soit plus en feu?
MAX
Marianne! Pardonnez-moi!
MARIANNE
Quelle justification impossible va-t-il inventer pour que je ne reste pas ainsi, jusqu'à la mort,
à pleurer! (Elle s'abîme dans les sanglots.)
MAX
Marianne, j'ai été léger, criminel; mais je n'ai