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Le défilé

D'après la vie, c'est bien simple, n'est-ce pas? L'ambition est grande pourtant, car rien de plus difficile.

Comme un peintre paysagiste, sachant voir, ouvrant les yeux au variable et merveilleux spectacle de la terre et du ciel, est toujours à l'affût (lu jeu mystérieux des couleurs, d'effets encore inaperçus, aux aguets d'une note de jour, d'un rien, qui est émouvant pour lui, de l'ombre d'un arbre sur un chemin, de la transparence, en la splendeur d'un éclatant midi, de quelque nuage vague bientôt passé au bleu, de la fusée tremblotante d'un rayon de soleil, poussière de clarté.

à travers les branches, en quête de reflets irritants d'insaisissable, d'accords de ton, d'harmonies de lumière surprises sur nature ; ainsi un écrivain doit regarder la vie.

En conjecture de romans futurs, de drames encore dans les limbes, de comédie à tailler plus tard en pleine bêtise humaine et qui, sans corriger les mœurs, tâcheront de faire rire, c'est coutume, je pense, pour plus d'un bon ouvrier littéraire de marquer ses observations, le ridicule ou l'esprit glanés çà et là : une parole typique ; — une phrase dont la forme habile voile avec des sentimentalités les instincts brutaux de l'être sauvage qui est en nous, luttant pour l'intérêt ou pour l'amour; — parfois un geste, un mouvement de physionomie, une silhouette de femme, un regard ou de l'âme se trahit, tantôt belle, tantôt hideuse, montée des dessous de la conscience.

Certes, ce n'est point ce carnet, crayonné d'une main hâtive, en style télégraphique, sans verbes ni syntaxe, composé des seuls mots saillants et pittoresques, que même le plus audacieux peut avoir l'intention de publier.

Ce serait blâmable, et à plus d'un titre.

De loin en loin, M. Alphonse Daudet s'est laissé arracher par les rédacteurs en chef de gazettes quotidiennes ou hebdomadaires quelques pages de ses « petits cahiers ».

D'autre part, deux glorieux romanciers et historiens du menu détail ont composé cette admirable cueillette d'impressions : Journal des Goncourt. Et, pour les amoureux de sincérité, de personnalisme où le moi sait rester agréable à autrui, de documents qui font, pour ainsi dire, pénétrer le public dans l'intimité de ce vieux siècle sceptique, si complexe, si remueur, si fécond en talents et en génies, — encore qu'un bourdon formidable d'argent semble vouloir détourner vers les affaires, la précision des chiffres, le coup des faits le peu d'attention qui va et doit aller, tant que ne sera pas mort tout idéal, aux œuvres des artistes, — pour les dilettantes de franchise, de vérité, de mémoires caractéristiques, ce journal sera toujours le livre en même temps le plus copieux et le plus délicat.

Eh bien, puisque vous m'offrez l'hospitalité en me laissant toute indépendance pour le choix du

sujet et l'expression de ma pensée, je veux essayer pour vos lecteurs de traduire en langage moins abrupt, moins dénué d'ordre grammatical et de rhétorique le mémento abréviatif que j'ai l'habitude de griffonner pour mon plaisir à propos d'une aventure boulevardière ou mondaine, des livres nouveaux, au sortir encore d'une flânerie dans un atelier, d'une visite à une exposition. Et mon avis, je crois, ne sera pas souvent routinier. Un aimable confrère a voulu me céder à vil prix un stock de clichés élogieux ; j'en ai refusé l'assortiment, ma foi, d'une variété remarquable, parce que des inconnus pourront être glorifiés et des puissants abaissés.

Allant un peu partout, je risque de parler de tout et de quelques autrss choses encore, comme Jean Pic de la Mirandole. Ce seront des chroniques et chroniquettes. variations sur ce dont il s'agira des esquisses ou petits tableaux de Paris et « d'en voyage », des études ou seront portraiturés, si possible, à la bonne franquette primesautière, l'auteur du roman en vogue toute un^ semaine, de la pièce qui a grand succès et, parfois, de celle qui a fait four (mon cher Becque,

c'est souvent la meilleure des récentes années), l'acteur en vedette, l'actrice à la mode, l'avocat éloquent, le clown artiste. Enfin une série étonnante de mêlé, au hasard de l'actualité, infatigable fourchette.

Voilà mon programme.

Cette petite préface et le plus grand nombre des pages qui suivent, mon cher Magnier, ont été publiées dans votre journal : r Evénement. Il est juste que votre nom reste en tête du volume.

Félicien Champsaur.

Paris, 1887.

i" mars 1887.

Il semble que la mode soit aux mémoires, aux bouquins documentaires, car dans la série des volumes qui se succèdent si rapidement aux étalages des grands libraires — si l'on excepte, par exemple, le remarquable roman, par endroits du moins, de Maupassant, Mont-Orîol — une grosse part de succès a été, cette quinzaine, pour le recueil de mon confrère Gustave Geoffroy : Notes d'un journaliste. Et, la semaine prochaine, les deux ouvrages à acheter sont bien certainement, pour les lire, les mettre dans sa bibliothèque : Un joli monde, par M. Macé, l'ancien chef

du service de la sûreté ; enfin, ce Journal des Goncouri impatiemment attendu par les artistes et un assez nombreux public de lettrés.

Bientôt — samedi prochain — il sera mis en vente ce journal, qui parut, cet hiver, par morceaux, dans une gazette quotidienne, Mais le livre — dont l'illustre auteur a eu l'obligeance de m'envoyer les « bonnes feuilles » — a été considérablement augmenté. Le plaisir de cette lecture est inouï ; on trouve presque à chaque alinéa un renseignement, un menu fait curieux, une note pittoresque ; et de tous les détails ressort une idée d'ensemble, une idée émouvante. On peut répéter pour celte odyssée familière de deux écrivains ce que M. Geffroy a dit de la correspondance de Jules de Goncourt : qu'elle « raconte une intelligence et une passion. Il y a un début, un milieu et une fin, et bientôt on ne sait quelle obsédante illusion s'impose que l'on a suus les yeux des pièces justificatives. » La passion des Goncourt, c'est la passion infinie des lettres, passion qui, seule, les a soutenus aux heures de découragement.

Que reste-t-il aujourd'hui de la prose répandue dans les journaux, de 1851 à 1861, dix années qui furent très dures aux deux artistes, mainte-» nant regardés, sans conteste, comme des maîtres ?

Je serais en peine de le dire ; mais je crois bien que le Journal des Concourt, aura une bien plus longue célébrité; et j'ai plaisirà voir là une certaine ironie. Chroniqueurs, polémistes de jadis, vous qui faisiez la loi de 1851 à 1801, polémistes à gloire passagère de comédien du boulevard, quels sont vos noms ? Quel livre condense votre esprit ? Aucun. Où sont vos gloires d'an tan ? Aujourd'hui, celui que vous méprisiez ou que vous ignoriez publie, à son tour, très en reiard, son journal, vieux de trente ans ; et c'est cela qui demeurera davantage, sans doute, que des milliers d'articles.

Un tel livre n'est pas. ne peut pas être un travail d'après coup ; c'est le résultat du relevé presque quotidien des impressions, des sentiments, des sensations de deux artistes, et. comme ils étaient supérieurement doués, rien de ce qui les a émus ne peut nous être étranger. Edmond de Goncourt nous disait naguère : « Il nous a été possible de consigner aussi exactement nos souvenirs parce que nous étions deux pour regarder et pour écouter. Nous écrivions, le soir même, si tard que nous soyons rentrés chez nous, pour que ce fût plus précis. Si un de nous deux avait oublié, il demandait à l'autre le détail caractéristique, le tour de phrase qui garde lallure

de la conversation. » Rien ne les a fait manquer à cette règle de faire, chaque soii, comme le bilan de la journée, de serrer la cueillette dans leur herbier, car, en vérité, la littérature fut leur unique amour.

« Ils ont des yeux et ils ne verront pas ; ils ont des oreilles et ils n'entendront pas ; » ce n'est point à Concourt, certes, qu'on a droit d'appliquer ce jugement. — Je me surprends à parler des deux frères comme d'une même personne. Pourquoi pas? Je lis page 281 : « Hier j'étais à un bout de la grande table du château. Edmond, à l'autre bout, causait avec Thérèse. Je n'entendais rien, mais quand il souriait je souriais involontairement et dans la même pose de tète... Jamais âme pareille n'a été mise en deux corps. » Le temps aveugle et injuste a voulu qu'un seul des deux artistes, après un quart de siècle de labeur acharné où le mérite fut égal, connût le triomphe souriant.

Ce premier volume du Journal des Concourt raconte une aventure,celle de deux nouveaux venus qui s'efforcent vers un idéal, sans que la notoriété — une filie pourtant qui se donne quelquefois sans trop de façons — les encourage, les ré-

conforte, même d'une rapide caresse. Mais si la foule fut indifférente, une élite d'artistes peu à peu témoigna de son estime pour l'œuvre des deux frères. Les Goncourt nous font pénétrer dans l'intimité de Jules Janin, de Sainte-Beuve, de Gavarni surtout, de Paul de Saint-Victor, de Théophile Gautier, de Flaubert ; comme la préface l'avoue, au début, leurs « relations étaient très restreintes et, par conséquent, le champ des observations assez borné. » Mais tous ceux qui paraissent là sont évoqués — en si peu de lignes que ce soit — avec une parfaite vérité, le geste, l'accent de nature, un rien pittoresque qui semble insignifiant mais qui est comme, en deux ou trois touches, la note vivante mise par un maître à un portrait exact.

Les femmes, les filles plutôt ne semblent pas avoir hanté beaucoup la jeunesse des Goncourt. A plusieurs reprises, ils manifestent, à ce sujet, une sorte d'écœurement. Ainsi, page 98 : « Un immense mal de cœur moral nous envahit et nous donne comme le vomissement de l'orgie de la veille. Et, repus et soûls de matière, nous nous en allons de ces lits de dentelles comme d'un musée de préparations anatomiques, et je ne sais quels souvenirs chirurgicaux nous gardons de

ces plaisants corps. » Parfois ils s'intéressent aux grandes filles, Anna Deslions, entre autres.

Je retrouve cette Deslions dans mes notes personnelles, ainsi croquée par une de ses camarades de haute noce.

Née au quartier Mouflfetard, d'un fabricant de peignes en écaille et d'une marchande des quatre saisons, elle dépensait cinquante mille francs par mois, dont quatre mille pour le blanchissage de ses dentelles. Elle eut des « bt^guins » nombreux, entre autres pour Lambert Thibou4. Elle allait le trouver, rue Mazagran, au cinquième étage, l'hiver, après les soirées somptueuses, belle comme une reine au sortir d'une fête. La femme de chambre emportait les diamants, parfois à travers la neige. Le lendemain Anna partait toute simplette, et Thiboust lui disait : « Je t'aime mieux ainsi. » Le teint jaune comme une pièce d'or pâle ou le vieil ivoire. Deslions avait sous les arcades des sourcils bien arqués, dans l'enfoncement, les orbites sombres comme une courtisane de race. Grande et brune, elle était attirante par ses yeux admirables, avec la pupille très noire, l'iris d'azur et la cornée blanche qui avait, par moments, des flavescences d'or.

Mais si Goncourt accorde, çà et là, quelques

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pages aux filles connues, aux filles d'antan, c'est parce qu'ayant fréquenté beaucoup d'hommes elles ont retenu un peu desprit, des documents, aussi parce qu'elles sont des forces sociales et, à ce titre, dignes d'être observées. Page 205, il parle, presque avec reconnaissance, d'une femme bon garçon, vieille amie qui lui raconte ses amants.

Ce qui n'empêche pas qu'un moment une trop compréhensible indignation éclate, au sortir d'un bal masqué : « De bas en haut et du haut en bas, nous nous sommes promenés, cherchant à retrouver quelque chose de notre vieil Opéra : une blague, un vrai rire, la charité d'un sourire, un abandon de corps gratis, du désordonnement, de la fantaisie, du caprice, enfin l'apparence d une intrigue... qui ne fût pas de cinq louis. La fille, devenue homme d'affaires, est un pouvoir. Elle règne, elle trône, elle a le dédain insultant, la morgue olympienne. Elle envahit la société, elle gouverne les mœurs, elle éclabousse l'opinion publique... A la fin, agacé par 1 air princesse d'une de ces rosses régnantes, que je reconnais sous le masque, je lui ai touché l'épaule en lui disant : « Là, vois tu, un de ces jours, on te marquera « d'un phallus au fer chaud! » Oui, je crois que dans un avenir non lointain on sera amené à des

mesures de police répressives, qui leur défendent comme au dix-huitième siècle, les loges honnêtes, qui corrigent leur insolence, refrènent leurs prospérités, les remettent à leur place, — au ruisseau. » Voilà qui est rudement dit, et dit juste.

Oui, on ne peut guère croire que les Goncourt aient aimé la femme ; elle est pour eux bien plus un sujet artistique qu'un vase d'ivresses. Par exemple, page 394, à la fin du premier volume, un d'eux (lequel ? car, pour ce passage, il n'a pu j avoir collaboration) écrit :

c< Mardi 15 novembre. — J'ai ma maîtresse assise, en chemise, sur mes genoux. Je la vois de dos, la nuque dans l'ombre, sa figure tout en lumière dans la glace. Des cheveux follets, échappés au-dessous de son oreille, frisent comme de petites arborisations agatisées, se détachant dessus le globe lumineux de la lampe posée sur la cheminée. Il y a une volupté étrange à avoir ainsi sur soi un corps de femme dont on n'aperçoit rien qu'une obscure envolée de cheveux et la lumineuse réflexion de son visage, perdant un peu de sa réalité matérielle dans son éclairement glaceux... »

En tout ce tableau, qui est très joliment fait,

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pas la moindre émotion, pas la plus petite tendresse affolée. L'amant écoute, observe sans cesse. Cette petite femme, en chemise, assise sur les genoux d'un des Goncourt, parle de sa mort — l'idée n'est pas si anormale qu'elle paraît tout d'abord — et déclare que, si on r.e faisait pas bien les choses pour son enterrement elle en aurait un chagrin « mortel ». L'amant a remarqué que répithète est curieusement choisie, et, le soir, il la note, avec le croquis à la plume, dans ses petits cahiers. — C'est mieux qu'un croquis à la plume, cette femme en chemise, vue de dos, la nuque dans l'ombre, la figure tout en lumière dans la glace ; c'est une eau- forte bien originale. D'ailleurs, il faut rappeler que les Goncourt se sont essajés à la gravure sur cuivre ; ils ont transporté ce goût dans leur art d'écrivain.

Le Journal des Concourt^ dans le second volume, introduira le profane aux fameux dîners chez Magny ; on y verra, on y entendra dans les attitudes ordinaires de la vie, sans nimbe autour du crâne, Sainte-Beuve, le prince Napoléon et tous ces grands bonshommes, Renan, Flaubert, M. Berthelot, qui ne se doutaient pas, dans l'intimité d'un dîner d'amis, parler pour la postérité. Qui a

dit déjà de Labruyère qu'il traversa son siècle, un trousseau de clefs à la main ?

Mais ce journal n'est pas qu'une galerie de personnages, saisis en dehors de toute pose, à l'improviste ; les Goncourt s'observent et s'analysent eux-mêmes autant que le pi^ochain. Çà et là éclatent, parfois avec un parfum piquant d'œillet, des pensées déjà appréciées, il est vrai, dans un court et précédent volume : Idées et sensations.

On y reconnaît aussi l'embryon, les germes des romans futurs. Par exemple, à la date de juillet 1856, je lis : « Passé la barrière de l'Ecole militaire, des rez-(ie-chaussée jouant des devantures de boutique à rideaux blancs et surmontés d'un étage avec un gros numéro au-dessus de la porte d'entrée, — le gros 9. » Suit la description. De là est sorti sans doute le livre du frère survivant : La Fille Elisa.

Plus loin — octobre de la même année c'est un portrait de M"« *" (Renée Mauperin.) Entin page 291 :

« Nous n'allons qu'à un théâtre. Tous les autres nous ennuient et nous agacent. Il y a un certain rire du [lublic à ce qui est vulgaire, bas et bête qui nous dégoûte. Le théâtre où nous allons est le Cirque. Là nous voyons des clowns, des

sauteurs, des franchisseuses de cercle de papier, qui font leur métier et leur devoir: au fond les seuls acteurs dont le talent soit incontestable, absolu comme les mathématiques ou mieux encore comme le saut périlleux. Car en cela il n'y a pas de faux semblant de talent : ou on tombe ou on ne tombe pas, »

Un tel amour pour les clowns explique, trente ans plus tard, ce livre si curieux et attrayant de bizarre, de pas encore décrit : les Frères Zemgano.

J'avoue d'ailleurs ma tendresse pour ce genre de livres, où il semble que la vie soit plus sincère, plus directement serrée que dans le roman; où, pour la convention de la fable, de l'intrigue, l'imagination intervient, arrange et parfois déforme. — Il y a tantôt trois ans, à propos de mon premier roman, Dinah Samuel, un peintre, qui s'est montré primeeautier en diverses œuvrettes imprimées, J,-F. Raflfaëlli, me mandait : « Si vous continuez, nous avons de singulières choses à attendre de vous. Vous nous faites des mémoires aujour le jour. — Les mémoires qu'on nous a donnés jusqu'à présent ont toujours été des mémoires de vieillards qui, sur le tard, nous parlent de leur jeunesse très arrangée. — Vous, vous nous montrez autre chose, et c'est ce que nous voulons,

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carnoussommestoujoursenhâte de nouveau.» Mémoires de vieillard — bien que j'ai fait la citation exprès et qu'il soit difficile de nier un bout de toilette fait aux phrases, aux croquis, aux silhouettes de causeurs, aux morceaux descriptifs — cette appellation ne peut s'appliquer au Journal des Goticovrt, puisque les deux frères ont noté, chaque soir, leurs impressions au fur et à mesure des hasards de la vie, qui tous les jours, apporte du neuf, de l'imprévu.

Oh ! livre charmeur, livre délicieux où se mêlent divers romans, livre de la fin — dont les « épreuves» furent corrigées par un auteur aux cheveux blancs comme une belle neige — journal qui confesse les débuts, les premières années d'une haute et noble existence littéraire, livre ami qu'on quitte pour le revoir, pages d'aimable et imagée causerie ! Pour le dernier des Goncourt, la joie doit être douce — amère aussi, hélas ! j'y songe, et mêlée de tristesse — de recommencer, une heure, au parcours des années racontées une jeunesse inquiète, dédaignée, un âge mûr aux longs efforts sans récompense, avec, autour du front — vue par les lettrés et les artistes de la nouvelle génération — une auréole de gloire tardive aux pâles resplendissements de matin, mais qui sont d'un délicat coucher de soleil.

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