SCENE III
MICHEL , le regardant.
Eh bien , il est magnifique!... ne dirait-on pas que je dispose de son bien ?
GERVAIS , hors de lui.
Oui , Monsieur, c'est affreux! Sans respect pour la mémoire de votre oncle... sans égard pour moi' car enfin , ce jardin, je l'ai soigné comme mon enfant 5 il n'y a pas une salade que je ne porte dans mon cœur, et en arracher une seule planche, c'est m'arracher les entrailles !
MICHEL
Ah çà! je m'admire, moi, d'écouter ce vieux radoteur, avec sa figure champêtre et... potagère!... Plus de respect , mon cher , où je vous mets à la porte, fin courant.
JAQUELINE , bas à son père.
Là!... j'en étais sûre! Yous n' pouvez pas tenir vot' langue... Vous êtes pire que défunt ma mère.
GERVAIS, las.
C'est vrai , j' suis bête. ( Haut. ) Dame , c' que j'en dis , Monsieur, c'est 1' cœur qui parle, voyez- vous.
MICHEL
Silence ! ton cœur est un imbécile , et toi aussi. ( à Ducoudray, pendant qu Edmond parle bas à Henriette.} Ah çà ! papa Ducoudray , vous allez prendre vos mesures pour nos constructions, (bas.) Moi, je vais chez le notaire, il faut que le contrat de mariage se signe en même temps que l'acte d'association.
DUCOUDRAY , bas.
C'est juste-
MICHEL, bas.
Avez-vous parlé à votre fille ?
DUCOUDRAY, bas.
Non, mais je vous réponds d'elle, [haut.) Viens, Henriette.
MICHEL
Moi, je garde le cousin ; j'ai à causer avec lui. ( à Gervais et à Jaqueli ne.) Vous autres , allez recommander au traiteur, en face, de soigner le dîner... J'attends quelques amis, et rien ne mange... comme l'amitié.
TOUS
Air : Livrons -nous à la danse.
L'aspect de la campagne Me plaît et m'attendrit ; Combien le cœur y gagne , Quand on sent doubler son appétit !
Ducoudray et Henriette sortent d'un coté , Gervais et Jaqueline de l'autre.