SCÈNE III
Les Bas-Bretons , Dont on fabrique des Osages...
De Bordeaux , Pour les badauds , On fait venir les Esquimaux;
Et l'Algonquin A reçu le jour à Pantin.
Pourquoi maintenant A prix d'argent , Du Musulman Acheter le turban ?...
Qu'avons-nous besoin D'aller si loin?
On en fait à Saint-Ouen.
Tout se fait, Se contrefait , Robes , tissus , Appas , vertus...
On est si fort , Qu'avant ma mort, Poxir moi , j'espère...
Voir encor De la vulgaire Pomme-dc-terrc , Un noble essor , Sans nul effort , Faire des truffes du Périgord.
Quels succès !
Heureux effets De l'industrie ï A peu de frais , Mille secrets Au sol français, Donnent la vie.
Les produits De tous pays Par nous sont pris;
Voisins rivaux, Orientaux , Ne nous font plus payer d'impôts.
DUCOUDRAY, enchanté.
Voilà... Ah! çà , nous plaçons la pompe à feu?....
MICHEL
De ce côté... J'abats ce grand bâtiment. GERVAIS , qui s'est approché.
Comment , comment , Monsieur , vous abattez mon orangerie.
MICHEL
Son orangerie! Il est superbe, le bonhomme !
DUCOUDRAY
Ecoutez donc, ce pauvre jardinier , ça l'intéresse.. Ah! bien , si on mettait la pompe à feu dans la petite marre?
GERVAIS
Allons , j'arroserai avec la pompe à feu, à présent.
Ça n'est pas possible , à cause de nos lavoirs que nous y plaçons. J'arrache ensuite les espaliers. gervais , désolé.
Oh! mes beurrés!
MICHEL
Je supprime les plates-bandes.
GERVAIS , se tappant le front.
Mes pauvres artichauts !
* MICHEL
Et j'élève des magasins ornés de sculptures... de corniches...
GERVAIS
C'est ça... et faut que j'arrache mes cornichons.