SCENE III. U
EDMOND
Votre fabrique?
HENRIETTE
Qu'est-ce que vous dites donc , mon père?
GERVAIS, bas à Jaqueline.
V*là les boul'varis qui commencent î
DUCOUDRAY
C'est un plan que nous méditons depuis trois jours 5 Michel fournit cette maisen , moi les premiers fonds , il recevra , je paierai, ça ira très- vite.
HENRIETTE
Quoi, mon père, vous qui avez besoin de repos?...
DUCOUDRAY
Bah! il y a trente ans que je me repose.... ça m'ennuie 5 je veux tripler mes capitaux. Que diable ! il faut être utile à la société.
MICHEL
C'est clair , vous verrez notre manufacture d'étoffes
des Indes.
EDMOND , riant.
Des Indes ! à Nan terre ?
MICHEL
Oui , M. le docteur , grâce au ciel , nous faisons de tout maintenant chez nous.
Air de la Galopade des Meuniers.
Quels succès !
Heureux effets De l'industrie!
A peu de frais , Taille secrets Au sol français Donnent la vie.
Les produits De tous pays
Par nous sont pris ; Voisins rivaux , Orientaux , Ne nous font.plus payer d'impôts.
Ces aciers parfaits, Couteaux anglais , Damas si fins , Nous viennent de Moulins ; Nankin Superflu , Mieux qu'à Pékin , Se fait à Saint-Quentin, Des Colons Nous nous moquons , Car sans entraves ,
Nous trouvons Sucre , bonbons , Dans un simple champ de bett'raves ; A Tonnerre , On fait Madère , Et même ici , Le vin d'Aï Se fait aussi , Avec le raisin de Joigny.
Plus d'un muscadin , Chaque matin , Met un col fin , Fait en papier vélin.
Jusqu'aux pendules, dit-on.
Qui vont...
Et qui sont En carton.
Veulez-vous Voir des Indous , Ou des Sauvages ?
Nous avons
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