PRÉFACE
Les progrès de la Science Pénale croissent de jour en jour, grâce à l’apport,de moyens de plus en plus efficaces en vue de la prévention et de la répression de la criminalité en général. La Grèce a participé récemment à ces progrès d’une façon active en adoptant des mesures spéciales destinées à cette fin, en particulier à l’écard des délinquants mineurs.
Le délinquant mineur n’est plus considéré comme un modèle réduit ‘de l’adulte (homunculus) ; il n’est plus considéré comme étant formé, à l'instar de l’adulte, en ce qui concerne son organisme physique et anthropologique en général, Grâce aux progrès des sciences qui s'occupent de lui, principales ou accessoires, particulièrement de la physiologie et de la psychologie, la doctrine sus-mentionnée commence à s’effacer, et le mineur est considéré actuellement comme possédant un organisme physiologique sui generis. Il s'ensuit que si le traitement aussi bien des mineurs qui sont susceptibles de commettre des crimes que de ceux qui en ont déjà commis était calqué sur le modèle des mesures qui sont appliquées aux adultes, il eût apporté des résultats non seulement diamétralement opposés à ceux qui en sont généralement escomptés, mais capables aussi de déformer leur caractère. Ces inconvénients peuvent être évités par l’adoption de mesures spéciales en faveur des mineurs. En outre, les mesures susmentionnées ont été considérées comme possé-
— 10 — >; dant une très grande hnportance par rapport à la prévention de la criminalité. Et cela conformément à la conception d’'Enrico Ferri qui considère la criminalité juvénile comme la source principale de la criminalité en général.
Inspiré des idées qui précèdent, nous avons jugé utile d'exposer, dans la mesure où cela nous est possible, les idées directrices qui régissent, en Grèce et ailleurs, le traitement des délinquants mineurs. Nous espérons que la présente dissertation apportera une modeste contribution À l’œuvre éntreprise en faveur des mineurs et cela dans l'intérêt général.
Enfin, je dois exprimer ma gratitude à mon savant Maître, M. le professeur Louis Huguüeney, qui a bièn voulu accepter la Présidence pour la souténance de ma thèse et me procurer les conseils nécessaires pour accomplir ce but.
Paris, le 11 Octobre 1947.
A.-P. Mrrsarxis, Avocat à la Cour d'Athènes,