OBSERVATION II
Drlirc au début, encore indécis. — Hallucinations. — Doutes du malade.
C..., employé de commerce, âgé de trente-cinq ans, est triste, recueille avec peine ses idées, s'interrompt souvent en demandant s'il est bien nécessaire qu'il entre dans tant de détails; il a porté ])lainte à un commissaire contre ses ennemis. Il m'arrivait, dit-il, depuis quelque temps des choses peu naturelles que j'attribuais tantôt à une cause, tantôt à une autre; je supposais que mon patron m'en voulait, qu'il allait me renvoyer, pour me faire
sentir combien j'aurais de peine à me replacer. J'ai entondu, une nuit, dans la maison où je demeure, un grand l)ruit; on criait : Ah! mon Dieu. Je me suis levé, mais je nai rien vu, et probablement c'était sans importance. Il est arrivé des faits analogues, à d'assez fréquents intervalles; j'ai passé bien des nuits sans sommeil, croyant ma vie en danger; mais peut-être avais-je tort. î\les parents euxmêmes me veulent du mal, et j'ai tini par croire que je n'étais pas le (ils des gens dont je porte le nom. Ne va-t-on pas user de violences à mon égard? J'ai beau chercher, je n'ai fait de mal à personne; mais je ne sais pas bien si jé ne suis pas condamné.
La conchisioiî faussement syllogislique de persécution une fois posée, les malades ne l'adoptent point toutefois encore d'une façon définitive. On en voit d'hésitants, comme le sujet de l'observation 1, douter eux-mêmes de ce qu'ils viennent de conclure, déclarer qu'ils se trompent, et pourtant retomber dans leur erreur en demandant si on peut leur donner une explication plus plausible de leurs tourments que celle à laquelle ils se sont arrêtés. Enfin ces derniers doutes se dissipent, la certitude devient complète; l'aliénation est évidente, le délire de persécution est confirmé.
§ tu. *
Influence du, changement de lien.
Les hallucinations de l'ouïe, dont il sera question à chaque instant dans cet ouvrage, constituent le