‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 11 sur 234 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

symptôme capital de ce délire. Elles ne consliluent pas nécessairement une aggravation, un symptôme progressif, un appoint obligé au bout d'un certain temps, mais elles se manifestent dans plusieurs cas dès l'origine de l'affection, et à ce moment on peut voir encore le malade les repousser comme invraisemblables, et parvenir pendant quelques semaines, |)lusieurs mois même, à éviter leur retour, en cbangeant ses beuresde sortie, si ses ennemis l'insultent dans la rue ; en abandonnant la maison qu'il babite, si les persécutions ont lieu clicz lui; enfin, le plus fréquemment, en quittant la ville, pour aller surtout à la campagne, en Suisse, en Italie, aux eaux ou aux bains de mer.

En procédant de la sorte, les malades s'imaginent tromper leurs ennemis. Durant un temps variable ils sont tranquilles; mais ce calme n'est que passager : leurs ennemis secrets ne tardent pas à retrouver leurs traces, et les poursuites recommencent, l'ne nouvelle fuite les préserve moins ou ne les préserve plus. Le délire est bientôt nettement caractérisé. Les ballucinations de l'ouïe sont continues.

AL Delasiauve a rapporté à la Société médicopsychologique deux faits intéressants qui prouvent l'action bienfaisante , et malheureusement transitoire , de ce changement de lieu. Les voici tous deux sous les numéros III et IV.

LK DÉLIRE DES rERSÉClTIONS.

ODSEUVATIOX III.

Délire de persécution. — Clianijcment des heures de sortie; amélioratiou inomentaiiéc. — Hecliute. — Séqueslration volontaire.

Ln malade fréquenluit assidûment un café; il s'imaginait que des gens guettaient sa sortie pour le poursuivre de leurs injures. Un certain jour, il se décida à sortir à dix heures au lieu de onze ; pendant plusieurs jours il n'entendit plus rien, puis les persécutions recommencèrent de plus belle, ses ennemis avaient retrouvé sa trace. Il prit le parti de s'en aller à neuf heures, et il resta celte fois encore quelques jours tranquille. Tourmenté de nouveau , il s'en retourna à huit heures, et enfin, après quelques jours écoulés, il se séquestra complètement, pour fuir les voi\ qui le poursuivaient au dehors.

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