‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 104 sur 234 · CHAPITRE SIXUvAIi · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXUvAIi

malade, sacliant que ce sel était au nombre des substances toxiques, vit dans la prescription une preuve venant corroborer l'idée qu'il nourrissait sur les intentions malveillantes du médecin à son égard. Il lui voua dès lors une haine implacable, le menaça, et l'attendit plusieurs fois sur son passage pour l'injurier. C'est sous l'empire de ces idées de persécution qu'il lut conduit à l'asile. Il y est resté environ six mois. Il est sorti non guéri, mais ne nourrissant plus de projets de vengeance contre son soi-disant persécuteur.

Vl'i-c (lu précédent.

Son père, homme fort honorable, bon ouvrier, mais sans instruction et d'une intelligence faible, aimant beaucoup son tîls, lui accordait une véritable supériorité d'intelligence et d'instruction. H se plaisait à l'écouler parler; il en lirait ménie une certaine vanité. Dans les visites qu'il lui (it à l'asile, il parut très-bizarre, ayant les mêmes idées que son fils et se servanl des mêines expressions. Je ne le vis qu'une fois, ce fut au moment du départ du malade Comme je portais intérêt à ce jeune homme, je crus devoir dire au père qu'il fallait éviter tout ce qui pourrait appeler le retour des idées fausses que son fils avait eues sur son médecin, son pharmacien, etc. Mais, à ma grande surprise, le père n'accepta pas mes conseils et surtout mes appréciations ; il reconnaissait à la vérité que son fils devait rester tranquille, sage, comme il disait; quant à admettre qu'il avait été sous le coup d'un délire de persécution, il ne pouvait y consentir.

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