OBSERVATION LX
Excès de boisson. — Persécutions. — Hallucinations de l'ouïe. — Pas d'Iiallucinations de la vue. (I^asè juc, toc. cit.)
T..., vingt-huit ans, marchand ambulant. Excès de boissons et surtout d'eau-de-vie quatre jours avant l'examen;
très-calmc, sans fièvre, et déjà, au dire de ses voisins, en voie d'amélioration,
;i On nui liiit passer pour avoir violé celle pctile fille et pour avoir saulé sur un niur cl sur un toit. Il Jie s'est passé rien du tout. Les personnes à coté, c'est des diiffonniers , des gens de rien qui s'entendent tous ensemble-, à leur dire, il y a plus de quinze jours, mais je pense jurer que je ne lui ai jamais adressé la parole, je ne la connais pas.
)) Ils ne me l'ont jamais dit à moi. C'est la propriétaire qui a dit : Il y a un agent de police qui a demandé après elle a dit cela avaul-hier.
» La nuit, je les ai entendus qui criaient, qui chantaient, qui faisaient du train, ils se huilaient enlre eux; s'ils savaient que vous avez deux pièces de cent sous, ils vous feraient un mauvais coup.
)) Je ne sais pas le nom de l'enfanl, ni du père, ni de la mère. La propriélaire a dit : On a violé une enfant. J'ai pensé que c'était moi qu'on accusait parce qu'ils parlaient entre eux. Ils disaient : Oui, c'est un sournois, faut lui faire du mal. C'est pour cela qu'ils auront cherché quelque chose. »
OBSMIIVATIOM LXl.
Excès iiIcoolii[ues répétés depuis deux ans. — Idées de persécution. — Ilalluciiialions de l'ouïe. — Lettre. (Lasèyuc, loc. cit.)
V..., soixante-trois ans, rentier. Excès alcooliques répétés depuis longtemps; délire datant de deux jours. V... a été arrêté pour avoir enlermé dans sa chambre un horloger, son voi.sin, qu'il accusait de vivre avec sa femme. Il se tenait devant la porte, qu'il maintenait du dehors avec son mouchoir, sans armes , mais déclarant qu'il voulait en finir avec son ennemi. Sa femme est âgée de cincjuante ans.
» 11 y a contre moi peine de mort prononcée comme sodo-
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mite, c'est affreux. On a cnlciulu de faux témoins. Jo suis condamné par un arrêt de Versailles; on ne m'a pas fait la signification, c'est étonnant. Penser qu'une honorable famille comme les C... ne sera pas remboursée!
^5 Je n'en ai rien su que quand je suis venu chez le commissaire pour des difficultés. Je crois (juo mon voisin courtise ma femme. Ils sont trois ou quatre. Ma fennno ;i l'air sage. Les nuu-s sont en pans de bois, j'ai entendu au travers qu'on voulait que je parte. 11 faudra que je les tue tous les (rois ou quatre. Pour l'affaire capitale, c'est triste. Sodomite! j'aimerais mieux me couper le membre. Ma femme ne m'a jamais aimé. J'en ai écrit à mou notaire. Elle s'est donnée à la débauche, je l'ai vue deux fois chez l'horloger, je ne me rappelle pas son nom; il me l'a dit plusieurs fois, il y a longtenq)s. Je lui ai dit : Viens, je te pardonnerai; elle pleurait contre le mur; je lui ai dit : Je t'en pardonnerai la moitié. Celui avec qui elle était a répondu Vas-y. Elle m'a dit : Il va me tuer. Si c'était la première fois, je
l'aurais tuée; mais comme ça arrivait souvent
On est sur le point de m'exécuter, on me l'a dit. Je ji'y tiens pas. C'est par rapport que je ne voudrais pas me servir d'un terme grossier d'enc... 11 paraît que les gens qui font ce métier ont la verge et le rectum déformés. On peut me visiter : je vous prie de croire que je suis innocent. Tout ça a été combiné pour que ma femme soit veuve. ^^
V... est un ancien employé, arrêté nombre de fois pour ivresse, et qui avait eu, un an auparavant, un accès d'alcoolisme subaigu guéri sans traitement. Le jour qui a précédé l'attaque actuelle, il avait écrit cà sa femme la lettre suivante, que je reproduis malgré sa longueur, parce qu'elle est un échantillon de l'état intellectuel pendant la période d'incubation. On y retrouve, aussi peu justifiées au fond.
mais plus raisoniuihles dans la forme, les idées qui forment le corps du délire.
a Ce 25 février 1866.
1) Madame, vous la sagesse en personne, penncltez-moi de faire quelques réflexions sur votre conduite plus que scandaleuse. Je sais que vous ne m'avez jamais aimé; sans doute la différence qu'il y a entre nos deux âges, mais par rapport à mon défaut, la boisson, votre froideur à mon égard aurait pu alors cire motivée, vous refusez à mon égard le service conjugal, mais pour vous en dédommager, vous avez trois amants de prédilection; ces messieurs sont l'horloger, noire voisin, chez lequel je vous ai entendue le jeudi et le vendredi; à ce dernier jour vous avez pleuré, peut-être aviczvous du repentir. Je vous disais de venir vous coucher dans votre lit, avec toute la certitude des égards dus à une femme qui se respecte; vous avez dit oui; on vous le conseillait même; mais vous aviez peur, dites-vous, que je vous tue. Je vous avais donné ma parole du contraire, mais vous avez cru devoir retourner chez les enfants. Vous avez sans doute dit, selon votre franchise, que j'étais ivremort. Pour le numéro un, j'ai bien entendu voire conversalion : on veut se débarrasser de moi à tout prix, et pour y parvenir, à l'instigation de vous et de votre amant, on invente sur mon compte une ignominie des plus grandes, qui fait envoyer un homme au bagne. Voilà un plan bien établi, mais les preuves! à moins d'un jugement inique. Vous avouez qu'en vous j'ai fait ime femme bien méritante. Vous aimez, dites-vous, vos enfants. Qu'avez-vous fait? vous les couvrez d'ignominie. Vous savez la réputation que vous avez dans le (|uartier, celle d'une femme perdue. Je ne sais pas dans quel but ou le fait, c'est que tout le monde vous niéprise. Ici votre réputation parviendra sans doute à s'étendre; il y a déjà bien du mal de fait. »
CHAPITUH SEPTIKMl-:.