‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 139 sur 234 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

I. DIAGNOSTIC niFFKREXTIEL. — H. TRAITEMENT. — III. DES IDÉES DE PERSÉCUTION CHEZ LES FAIBLES d'eSPUIT. — IV. MANIE DES QUERELLES.

Diagnostic dijférenliel.

Les considérations qui précèdent, les nombreuses observations que nous avons rapportées jusqu'ici , nous permettent d'établir en quelques mots les signes qui feront facilement distinguer le délire de persécution des formes mentales voisines.

Quand le délire de persécution est nettement isolé, ainsi que nous l'avons vu dans un grand nombre de faits , on ne le confondra pas avec la mélancolie avec stupeur ou la stupidité, dans laquelle l'ensemble des facultés a subi des atteintes profondes. La circonscription du délire dans le premier cas, sa généralisation dans le second, dissiperont toute espèce d'hésitation sur le diagnostic.

Il n'en est pas tout à fait de même lorsqu'il s'agit des alcoolisés. Ces derniers, nous l'avons vu dans le chapitre VII, ont fréquemment des idées de persécution. Mais tandis que dans le véritable délire

de pcrséculion, idiopalhique si l'on veut, les symptômes offrent une certaine uniformité , que les troubles des sens consistent à peu près uniquement en des hallucinations de l'ouïe, que les causes sont le plus souvent inconnues, — dans le délire de persécution symptomatique de l'alcoolisme, et en particulier de l'alcoolisme subaigu, outre des habitudes d'ivrognerie plus ou moins invétérées, on note des idées délirantes relativement moins fixes, et à la fois des hallucinations de l'ouïe et de la vue, celles-ci plus accusées que celles-là. Nous pensons donc que, en se basant sur ces deux ordres de phénomènes, le médecin clinicien saura éviter l'erreur.

La difficulté est facile aussi à résoudre lorsqu'on a affaire soit à un délirant partiel avec idées de grandeur, soit à un paralysé général, qui, à un moment de sa maladie et d'ordinaire dans la deuxième période, laisse voir des symptômes de délire de persécution. M. Ach. Fovillc a bien indiqué par quel enchaînement le paralysé général passait des idées de grandeur aux idées de persécution. « Les conceptions délirantes primitives finissent presque toujours, dit - il , par s'accompagner tôt ou tard d'hallucinations. D'un autre côté, il est difficile de se croire des droits à la richesse et à la puissance, de se figurer qu'on est d'ime naissance illustre et que l'on doit briller au premier rang, sans souffrir de la modestie de la position que" l'on occupe, de l'exiguïté des ressources dont on dispose. On voit là l'indice d'un déni de

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