CHAPITRE HUITIÈME
justice dû à l'aclion tle puissants ennemis; on se croit victime d'une trame hostile, on se forge un système de délire de persécution, secondaire celte fois, et conséquence des idées de grandeur. L'affection ne présente pas cette complexité dès le début, mais elle y arrive avec le temps.
» Aussi, et ceci est le point sur lequel nous voulons surtout insister, pouvons-nous dire d'une manière presque absolue , car pour notre compte nous n'avons pas trouvé d'exceptions depuis que notre attention est portée de ce côté, que la folie partielle avec prédominance d'idées de grandeur, ou mégalomanie , dans sa période d'état ou de cristallisation , a pour caractères essentiels, en dehors du délire ambitieux lui-même, non-seulement d'être raisonnée, soumise à une espèce de logique systématique et coordonnée, mais aussi d'être associée à des hallucinations chroniques et à des idées de persécution. 5)
Disons enfin que, en ce qui concerne les paralysés généraux , outre les idées de grandeur précédant le délire de persécution, on peut observer, à l'origine, des hallucinations de la vue, des troubles de la parole, des désordres de la molililé, autant de symptômes qui permettront au médecin de reconnaître la nature de l'affection. Je me suis longuement étendu sur cette question ailleurs'. Je ne peux pas y revenir ici
1 Etude médico-légale sur la paralysie générale. — 186G.
LK DÉLIUE DES PEUSÉCUTIOXS.
Traitement.
La science des maladies mentales a fait d'immenses progrès dej3uis trente ans, et cependanlla question thérapentique est encore restée très en arrière. La classification, le diagnostic, Tanatomie pathologique et la médecine légale des affections de l'intelligence ont été remarquablement étudiés et discutés par les membres de la Société médico-psychologique 5 mais le traitement de la folie aurait encore continué à attendre l'instant propice d'un débat lumineux et fécond, si M. Lasègue n'eût, dans ces derniers mois, soulevé à l'improvisle la question des bromures alcalins dans la thérapeutique des névroses convulsives et des maladies cérébrales. J'ai accepté, avec mes honorables collègues J. Fah-et et A. Voisin, tout le poids de la discussion, et il sera désormais démontré que le médecin peut beaucoup dès qu'il abandonne résolument les sentiers battus par une inintelligente routine. Le sillon est tracé.
En thèse générale , on a jusqu'à présent guéri 40 aliénés sur 100. Par un triste privilège, les persécutés ne guérissent que dans la proportion de 20 sur 100. La proportion de 50 pour lUO pour tous les insensés et de 30 pour 100 pour les persécutés pourra, je crois, être rapidement atteinte, si les médecins et les parents des malades consentent à