‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 144 sur 234 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

SCS laveurs, qu'il serait aussi bien académicien que minisire, qu'il n'avait qu'à vouloir, etc., etc. Ce jeune homme, d'une laideur repoussante, est un faible d'esprit à instincts pervers, que je crois capable de faire tout le mal possible. Il ne reculerait devant rien.

Dans un livre qui a été très-remarqué \ parce que son au leur s'est à la fois montré un très-habile médecin et un parfait honnête homme, M. Trélat père a cité bon nombre d'exemples analogues, et il a fait voir combien ces êtres incomplets et ces demi-imbéciles, malgré leur incontestable lucidité , la plupart du temps, pouvaient inventer les histoires les plus compromcllanfes, formuler contre leur entourage d'absurdes accusations et faire le malheur de leur famille. La verve mensongère et certainement inconsciente de ces aliénés ne recule pas devant les récils les plus odieux !

Qu'on lise plutôt l'observation qui suit :

OBSERVATION LXIIl.

Faiblesse d'esprit. — Idées de persécution. — Misanthropie. — Violences envers son père. — .Accusations infâmes. (I)agoiiet, ioc. cit.)

Il y a eu , à l'asile de Fains , un jeune lionimc atteint de lypéinanie niisanthropique , et dont la dissimulation était des plus profondes.

La perversion de la sensibilité affective est complète chez ce malade; elle a produit une dévialion dans l'exercice normal de ses facultés intellectuelles ; il a des hallucinations de plu-

' La Folie lucide, 18G1.

sieurs sens. Son extérieur décèle la souffrance à laquelle il est en proie, son teint est pàlc, sa figure amaigrie, les yeux en dessous. Jamais il ne regarde en face son interlocuteur; il paraît plus âgé qu'il ne l'est. 11 a porté des coups à son père, auquel il a cassé le bras; il aurait pu tout aussi bien lui ôler la vie; il dirige contre sa famille des accusations bien dignes d'inspirer un dégoût profond. Suivant lui, son père lui a joué une foule de loitrs , il a voulu le faire coucher dans le lit de sa propre mère , afin de le prendre en flagrant délit et de le livrer ensuite à la justice. Voici un passage d'une des lettres qu'il nous écrit : « Cela )i n'est pas sans preuves, si vous voulez les interroger com- » plétement; maman, qui est en enfance à présent, et (jui « ne sait ni n'a jamais su lenir de secret, dans ce cas-là » peut, comme dans tout, prouver que c'est un tour ; pour » que j'eusse été couclié ce jour-là dans son lit sans que « mon père ne m'y ait amené, il fallait donc que maman y » soit consentante et que j'eusse déjà agi sur elle, et comme

'! je suis innocent, maman ne peut pas dire (Nous pas-

» sons ici l'expression qui suit.) Alors il faut donc qu'il rc- » tourne que je suis un impudique fini , et que j'y ai venu n de mon chef pour mal faire, etc. S'il tendait pour me go- « ber do cette manière-là, je ne m'étonne plus que je lui » aie vu faire des guerres à tout massacrer. Si vous avez in- » terrogé mon père, sans doute il aura employé bien des « rclournurcs pour me mettre dedans, car il a ses rclour- « nures les plus adroites. " Après avoir énuméré, dans un style qui n'est pas toujours intelligible, toutes les manœuvres auxquelles il a été en butte de la part de ses [larents, il ajoute : i- Enfin le caractère jaloux de mon père, les )' mauvais conseils de notre oncle, des enfants de deux » femmes, les difficultés qu'il a eues pour avoir celle-ci, « qui ne lui plaît pas, voilà ce qui a causé les malheurs

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