OBSERVATION LXXIV
Alcoolisme suhai;|„. — Accès fré ;uents. — Délire de pcrséculion. — Lettres injurieuses. — Mées de vengeance. — Alayaétisnie.
V..., peintre en bâtiments, a écrit les deux lettres qui vo-it suivre. La prenu-èrc (1859) déiuonlre que ce malade se croit poursuivi par la police et les autorités. Elle confient des menaces de meurtre. Enfermé à Bicètre, où il est i-fevenu cinq fois, il l'adresse au préfet de police. Dans la seconde, envoyé^- au commissaire de police, il attribue r .iha.ulon d'une maîiresse à des influences magnétiques et ballucinaloires.
M. Lasègue avait délivré pour son admi.ssion, le 19 février l8Gi, le cerliticat suivant :
«Déjà trailé à diverses reprises pour même délire. — Alcoolisme subaigu revenant par accès. — Persécufions imaginaires, lettres injurieuses écrites à diverses autorilcs.
» Sùjné : Ch. Lisiîguh.
Onelquc temps après, le même médecin délivrait le certificat suivant :
" Sorti il y a quelques jours de Ricèlre. — Arrêté pour vagabondage, persécutions iutaginaires. — Mauvais in-
:î54 le délire DES PERSÉCUTIONS.
slincts, prélcnduos révélations qu'il veut faire h la police. — Agitation.
« Signé : Ch. Lasègl'e. n
a Monsieur le Préfet , „ E. V., etc.
„ A l'honneur lie vous e^iposer :
« C'est en vain que je sollicite de toute part aûn de savoir les motifs qui font que je suis sans cesse obsédé et exposé à la risée publique, et que voihà un an que cela dure, et que l'on me transfère de la préfecture à Bicètrc, et que j'ai déjà resté six mois, d'où après ce temps je croyais èire
libre
» J'écrivis à Sa Majesté l'Empereur une lettre dans laquelle je disais que, si parfois j'avais pu manquer <à quoi que ce soit, je venais de subir une détention de six mois, puisque je m'étais mêlé d'un service inconnu à moi , je pensais être assez puni, sans m'exposer à la risée publique dans ma ville natale, où j'ai été provoqué, nargué et raillé d'une manière insultante, jusqu'à des femmes appartenant à la classe ouvrière, et qui, en passant près de moi, place de la Roquelte, disent on riant : Il a îine bonne fgure , mais il a recours à un slralogcme; les sergents de ville, les agents de police s'en sont mêlés, en un mot, tout le monde en général : les magistrats , l'armée, les fonctionnaires publics , et me faisait appeler mouchard : sachez que je ne l'ai jamais été et ne veux pas rêlrc; ce que j'ai fait j'ai cru bien faire, croyant les jours de Leurs Majestés en péril; mais ce n'est pas un motif, du moins et que je sache , pour que l'on m'intrigue d'une pareille manière.
„ 11 y a dans le Code civil un article qui dit : Tous les Français sont égaux devant la loi , quels que soient leurs titres et leur rang; je suis Français, né enfant de Paris, et