‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 17 sur 234 · OU RARETÉ DES HALLICIXATIOXS DE LA VIE · texte numérisé non relu

OU RARETÉ DES HALLICIXATIOXS DE LA VIE

Sijrnptômes du délire des persécutions. — Circofiscriptiou

du délire.

Un fait très-remarquable, c'est que les causes qui (Iclerminent chez l'aliéné l'idée de persécution ne sont pas en général de l'ordre de celles qui l'alFectcraient le plus vivement s'il était en bonne santé : il peut être victime des plus grands malheurs, perdre ses biens, sa famille, et ne pas croire que des ennemis en sont cause, tandis que le prétexte le plus futile, le plus inattendu, les actes les plus inoffensifs de la part de ceux qui l'entourent sont l'occasion de son délire et le jettent dans le plus grand désordre intellectuel. Une femme, citée par M. Lasègue, aperçoit une robe suspendue à une fenêtre du voisinage et suppose que c'est pour la narguer; une autre , en voyant une chaise déplacée, conclut à une persécution de ses ennemis. On crache par terre en passant à côté de la femme AI.. ., elle se croit insultée. Si on vient parler à M... , il se persuade que « c'est pour le sonder » et trouver occasion de lui nuire.

Nous avons vu que dans les premiers temps de leur maladie les individus atteints du délire de persécution offraient une indécision remarquable, qu'ils doutaient de leur délire 5 nous avons vu aussi que les hallucinations de l'ouïe, qui s'observent quelquefois dès le commencement, sont souvent interrompues par un changement d'habitation ou de pays ; eh bien, sitôt que le délire est nettement caractérisé, on a affaire à un aliéné qui n'abandonne pas son idée, et qui pourtant ne la raisonne pas; il ne cherche pas à expliquer pourquoi on lui en veut. En vain s'cfforce-t-on de lui prouver le contraire, de lui faire voir que rien n'est moins prouvé, et qu'il admet des hypothèses toutes gratuites, il se retranche obstinément derrière cette idée qu'il est poursuivi , harcelé, persécuté; et comme il est obligé de faire face aux interrogatoires et de trouver des motifs pour soutenir ce qu'il avance, il vous parle de la police, des physiciens, des magnétiseurs, de l'électricité, de gens exerçant un pouvoir occulte , d'agents d'un parti ténébreux. D'autres malades, ainsi que l'a vu M. Ach. Foville, attribuent leurs maux à la Ufjue, à une lanterne sourde, à Voscultation et à la désoscultation, aux fouinards, aux locustines, etc. Toutefois, cette tendance au surnaturel n'est pas constante ; parfois les persécutions sont attribuées à des voisins, à des individus avec lesquels l'aliéné a eu des relations; d'autres fois c'est à des gens qu'il n'a jamais vus et qui néanmoins lui en veulent. Les

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