OBSERVATION LXXVI
Délire mélancolique. — Persécutions ina;{nétiquos. - Fragments
(le lettres. '
Corbin, marchand d'huîtres, trente-neuf ans , entré à Bicètre le 29 avril 1856. Le certilicat qui émane du Dt-pôt municipal des aliénés est ainsi conçu :
" Délire mélancolique avec excès d'exaltation. Persécutions magnétiques, iniluence exercée sur la volonté.
» Signé : Ch. Lasègue. »
î LK DÉLIRE DES PERSÉCUTIONS.
Le malade écrit :
u Monsieur de Casablanca , sénateur.
r> Vers le 9 septembre 1859, un brigadier de sûreté de l'hôpital de Bicêtre, nommé Maisen, s'est présenté, dit-on, dans les bureaux de l'administration de la guerre ou de l'Algérie pour induire en erreur les employés, relativement à une demande par moi formée antérieurement. Ce brigadier s'est présenté sous de fausses qualités; il a demandé ma réponse par lettre, car le 15 septembre il a montré une lettre aux détenus Darli , Briant, Langlois et autres, ses complices, ainsi que le surveillant Cadet, les garçons de salle Guédon et Delan et autres, pour faire le tour. Le 25 septembre, trois visiteurs, accompagnés d'un sous-surveillant, sont venus sur le quartier, et le brigadier s'est sauvé en se cachant de ces visiteurs. U a été dit, après leur départ, qu'ils étaient employés supérieurs de l'administration : quelques jours avant cette visite, contre laquelle j'ai protesté, le 25 , le surveillant Cadet était venu avec ce brigadier devant la salle de la cellule où j'étais, lire avec affectation cette lettre, en me regardant; je n'avais point entendu le contenu. J'ai écrit immédiatement pour prévenir l'administration de celte conduite, et pour que ces misérables ne puissent la circonvenir. »