CHAPITRE DIXIÈME
verscl un hôpital d'une ville de province. Dans ce teslanienl, — dont il vient de m'èlre absolument impossible de me j)rocurer une expédition, — il y avait un état parAiitement dresse d'une foule d\)bjets avec lesquels ce malheureux aliéné avait été tourmenté pendant sa vie par ses implacables ennemis. On ouvrit la grande armoire indiquée, et l'on trouva tout un assortiment étiqueté, daté et paraphé des objets les plus divers et les plus disparates, tels que lettres, journaux, papier timbré , petits paquets de camphre, de verre pilé, de « craie supposée être de l'arsenic, de mort aux mouches ou de mort aux rats w ; flacons contenant de l'extrait de Saturne, de l'eau de javelle, de Turine ou a du sirop au phosphore bouteilles de vin à la Jilharge ou de bière a la nicotine , carafes d'eau excrémentée , casseroles au vert de (jvis , cordes, soufflets, couteaux, fusilàvenf, perruques physiquées, bandages herniaires aimantés, cire à cacheter, peau de chat , échantillons de pain cuivré, aliments safranés, objets divers électrisés et... résidus de digestion 1 — Sa fortune s'élevait à quarantehuit mille francs. Tous ses parents étaient dans une affreuse misère.
Les exemj)les qui vont suivre vont jeter le jour le plus saisissant sur cette émouvante question des dernières dispositions ])rises par les persécutés.