‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 186 sur 234 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

pour les frais d'un monument célèbre, instiluc une renie de quatre cents francs pour l'entretien des plantations, du fjazon et les appointements d'un gardien spécial; lègue un diamant de mille francs au directeur des Quinze-Vingts, etc.

l'C I I janvier 1851, M. Pierre Ai... mourtit des suites de la paralysie générale à la maison de Gharenlon, dans le service de M. Archambault , et la famille attaqua le testament fait en 1848, après avoir pris l'avis de MM. Orflla, H.'iyer, Baillarger, Leiut, Bleynie et lîerton. Il s'agissait, pour les héritiers naturels, de rentrer en possession d'une sonnne dépassant trois cent mille francs.

Chargé de la rédaction du mémoire médico-légal , M. Baillarger, après avoir scrupuleusement passé en revue tous les antécédents de M. Pierre M..., et s'être éclairé des déclarations des médecins qui lui avaient donné des soins, -MM. Delente et Paul Dubois, ne tarda pas à faire remonter l'invasion de la folie à Tannée 1846, époque à laquelle parut dans le ConstUiilionnel l'avis que voici :

« Le soussigué M..., Pierre, propriétaire, demeurant rue Charicmague, n» 19, s'est aperçu depuis environ quinze mois qu'il est suivi partout, et notamment le soir, par des individus auxquels il suppose de mauvais desseins; il les prévient qu'il a déposé sa plainte à M. le préfet de police, et que toutes les mesures sont prises pour déjouer les projets qu'on aurait conçus contre sa fortune et ses j)ropriétés, ainsi que toutes tentatives pour détourner les domestiques de leur devoir, r (Xiiméro du 5 juillet.)

MM. Ortila, Rayer, LeIut, Hleynie et Bertou adoptèrent sans restrictions le rapport de M. IJaillarger, concluant qu'au 25 juin 1848 M. PierreM... n'élaitpas sain crespnV , et le testament fut annulé.

' Ann. méd.-psycholog., anuée 1S55, p. 42(;.

OBSERVATION LXXXIIL

Délire (les perséci.tioas. - Alternatives d'excitation maniaque et de d.'pressioa mélancolique. — Craintes d'empoisonnement. — lestaient. — Erreurs de diagnostic. — Annulation de l'acte testamentaire.

Dès l'aiince 1825, M. Simon L... a de vagues inquiétudes. Il croit que l'on veut ternir sa réputation, qu'on cherche à le faire passer pour " un homme sans ordre » . et qu'il a été victime deux jours de suite de tentatives criminelles. Rentrant chez lui à minuit, il aurait été accosté par un assommeur, tandis qu'un second se tenait un peu plus loin. « Si l'assassinat eût réussi, dit-il, qui sait si, précipité dans l'égoût , puis retiré de la rivière, je n'aurais pas passé pour avoir perdu Ja vie dans quelque mauvais lieu, hien que je n'y eusse jamais mis les pieds ! — L'auteur'de l'attentat du lendemain est un homme de la même corpulence que celui qui m'a attaqué la veille , et enveloppé dans un carrick de la même couleur ; il est étendu de son long sous le péristyle de la maison n° 11, et semhle sommeiller. Je suis sur mes gardes; je frappe au n» 9, j'entre et je remercie la Providence. Néanmoins le guet-apens, et cet homme qui reparaissait le lendemain, affectaient mon

àme. »

Quels sont les instigateurs des assassins? M. Simon L..., dans denx'volumes de mémoires qu'il fit imprimer en 1839 à Poitiers, les désigne ainsi : " Ceux qui me font attaquer ont pour hut , premièrement , de m'Ôter la vie sans être compromis; puis, en désespoir de cause, de faire de ma personne un mort vivant, pour me priver de mon héritage. Comme ma conduite n'avait jamais mérité le plus léger reproche, que je n'avais jamais eu la plus petite dispute, par conséquent que , personnellement, je n'avais pas

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