‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 189 sur 234 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

à des tracasseries, à des ii.imilics , à des jalousies , à des représailles et à des pcrséculions de l'ordre le plus inattendu.

En vieillissant, il devint circonspect, craintif, niétiant, méticuleux et un peu sombre. Il se replia en quelque sorte sur lui-nième, et, instruit par les mécomptes du passé, aussi bien que par la connaissance plus approfondie des hommes et des choses, il /i„it par ne plus ajouter qu'une foi médiocre dans les vertus humaines. Égoïste, s'aimant chaque jour davantage, il rapporta tout à lui-même e( laissa insensiblement le moi se centupler. Si, au milieu de ses anxieuses préoccupations, M. B... s'exagéra le caractère, la signification et la portée des méchancetés dont il' fui victime , il faut avouer du moins qu'il aîait des ennemis très-dangereux. L'année même de sa mort, un incendie vint dévorer les bâtiments qu'habitait la famille M.... l ne lettre anonyme, portant le timbre de la poste de Daignac, avait préalablement annoncé ce sinistre à M. B..., et l'avait averti que toutes ses maisons deviendraient successivement la proie des flammes.

M. IJ... meurt le 12 juin 18G5, laissant un testament olographe, à la date du 8 mai précédent , par lequel il institue pour son légataire général et universel le jeune Pierre- Can.ille M..., à la charge par lui de payer diverses sommes a ses trères et sœurs, et une pension de cinq cents francs par an à chacune des nièces du testateur ou à leurs enfants, — pension qui ne doit prendre fin qu'au décès du légataire universel. Ce même testament contient un legs particulier au profit d'Élie M... père, filleul du testaleur et un autre au profit de M. P... et de madame P..., née sa cousine, à la charge par eux de payer annuellement à chacune de ses nièces une pension de cent francs, qui ne prendra fin non plus qu'au décès du dernier survivant de AI. et madame P...

VOO LE DÉLIRE DES PEUSÉCUTIONS.

Port int la plus vive affection au jeune Camille M... , lui mcant (l'avance le plus honorable avenir et lui aplanissant tous les obstacles, M. B..., dans l'expansion d'une sollicitude que l'on dirait être paternelle, s'exprime ainsi :

„ ,1c veux (pi'Élie M..., mon lillcul, fasse ellever Pierre „ M Camille , son fds plus jeune , dans les meilleurs co- „ laiges de France, lui fasse donner une bonne éducation „ cspecialpour le notariat; et sortant de pension, il le pla- „ cera chai un bon notaire , pour le faire travailler , et „ après il le fera recevoir notaire ; l'argent ([u'd fodra „ pour payer sa pension et pour son entretien, sera pris „ sur les revenus et rantes de Pierre Camille M..., et le „ surplus sera capitalisé à son nom , sans que l'on puisse en „ détourner aucune somme pour (piel motif que ce soit, „ sauf celle qu'il fodrait pour faire remplacer son frère „ Armand M..., dans le qu'as où il tomberait au sort. „ Pierre M... Camille ne pourra jouir et toucher les reve- „ nus de qu'elle nature que ce soit que lorsqu'il aura atinl „ l'âge de vingt-cinq ans , allors il pourra toncher tous les „ revenus de (lu'elles natures qu'ils puissent êtres; il ne „ pourra aliéner ni toncher aux capitaux , de (p-'ellcs nature „ qu'il soit, avant qu'il est attin l'âge do traulc cu.q ans , excepter qu'il en eut besoin avant d'avoir altint l'âge ci- « dessus pour acheter une étude de notaire , ce n'est qu'à „ cette condition (lu'il pourra y toucher ; tous les paiements „ que l'on fera pour Pierre M... Camille seront représen- „ lés par des reçus eu bonne forme, lors des règlements qui auront lieu tous les ans. Je prie M. Henry P... de „ vouloir avoir la bonté de présider tous les ans à ce règle- „ ment et en fixer lui-même le jour, dans le qu'as ou il ne « le pourrait pas, d'avoir la bonté de maitre quelqu'un, (pu „ puisse le remplacer en loyoté et probité, il sera payé au „ président une somme de cent francs pour l'indemniser

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