CHAPITRE ().\îZIÈME
née, où elle se Ibriifie chaque jour, où elle a le moins de cbauce d'être guérie. »
§ fv.
Le persécuté devant la justice.
Les magistrats du parquet ont de fréquents rapports avec les persécutés. Si ces derniers viennent d'être internés dans des établissements spéciaux, la première chose qu'ils font est d'adresser à l'autorité judiciaire uiie protestation acerbe, bau laine, comminatoire. Le parquet y répond sans délai, en demandant au médecin traitant une pièce médico-légale établissant les principales particularités de l'état mental de son correspondant. Si de nouvelles lettres et de nouvelles plaintes parviennent encore au parquet, à des intervalles distincts, et si le ton et les assertions de l'aliéné en imposent un peu, un substitut se transporte auprès du malade, ou un médecin expert est envoyé d'office et d'urgence. Il est ensuite statué, soit dans le sens de la maintenue, soit paiune mise en liberté immédiate.
Ainsi qu'on a pu s'en convaincre en lisant le chapitre des écrits, le persécnté n'a de respect pour rien, ne recule devant rien, et il lui arrive de signer les dénonciations les plus calonmieuses et les plus mfàmes. Quelques minutes avant de se suicider, il écrit, dénonce encore, et pour donner du poids à ce qu'il va faire connaître, il invoque la solennité du moment.
Les médecins des services d'aliénés sont principalement exposés à être dénoncés à l'autorité. Voici, par exemple, un spécimen récent de ces sortes de réquisitoires maladifs.
Dimanche, 2 octobre 1870.
Ad majorem Bei fjloHam.
DÉNONCIATION d'uN HOMlClDK liT DE CRIMES POLITIQUES COMMIS PAR LN AGENT SUPÉRUCUR DE LA POLICE IMPÉRL'^LE.
A Monsieur le minisire de Injustice {personnellement) ,
à Paris.
Monsieur le ministre , Permettez-moi de vous transmettre le document ci-après, avec prière de faire une enquête sérieuse.