OBSERVATION XIV
Pcrséculioiis. — Surveillance de la police. — Hallucinations
de l'ouïe.
L. .., femme B. .., a trente-sept ans ; elle est femme de ménage; elle a un enfant de huit ans; son mari est manœuvre. « Il y a six semaines, on m'a dit que j'avais eu du mauvais mal en nourrissant mon enfant. Mon mari est faible, et n'a rien compris. Moi, on m'accuse. »
L... iiabite la même maison depuis trois ans. Le concierge ne l'aime pas, elle voit chez lui //// monsieur du commissaire. Quand elle allait à son ménage, elle devait passer devant le commissaire; ce monsieur la regardait.
u 11 y a un an, raconte-t-elle , j'ai déjà été tracassée. J'ai élé malade, je ne mangeais pas, je ne dormais pas, je me suis ligurée que le concierge me rendait malade. Je n'y ai plus pensé. En janvier je me suis aperçue qu'on disait : Madame H..., qu'a-t-elle donc? Les sergents de ville me regardaient comme l'année passée; ils disaient : Voilà la fausse dévoie, nous allons l'envoyer en prison; elle est poun'ie. Le concierge a dit : Elle a empoisonné trois personnes La nuit ils disaient du mal, je les entendais; le monsieur du commissaire a dit dimanche : On doit l'arrêter pour avoir donné du mauvais lait.
L'enfant que j'ai nourri quatre mois s'est brûlé un peu; on l'a repris, il doit être mort à l'âge de huit mois; le père ne s'est pas plaint, il était médecin; on m'a dit qu'il était mort , je l'ignore.
Je crois que mon malheur vient de l'enfant; l'année dernière j'ai cru que c'était le portier, mais je n'avais pas pensé à l'enfant. J'ai conté cela, on ne me croyait pas; on le disait à mes côtés , dans les portes , dans la maison ; mon mari et mes patrons le niaient. »