‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 77 sur 234 · CHAPITRE CLVQUIKiMH · texte numérisé non relu

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sions caractéristiques. A l'aide du microscope, chaque cellule apparaissait bien dessinée , niais logeaitj dans son intérieur des masses de vésicules graisseuses agglomérées ; quel(|ues-unes en étaient bourrées pour ainsi dire. Une d'elles contenait une vésicule énorme de graisse, et les noyaux et nucléoles avaient conune disparu.

La rate était indurée, comme cirrliotiquc aussi; sa coloration était noirâtre, verdàlre; coupe résistante; le doigt ne pénétrait plus la pulpe. Uien de spécial à signaler dans les autres organes.

• E)i résumé, l'abbé Paganel avait présenté dans sa jeunesse un caractère très-original, un esprit de controverse joints à une grande intelligence. Étant dans les ordres, il s'était attiré une sévère réprimande de ses supérieurs. La* première atteinte de folie confirmée remonte à l'époque de la révolution de 1830, lorsqu'il accusa, dans un libelle, rarchevè([ue de Paris et son secrétaire d'avoir dévalisé le trésor de Xotre-Dame. Interdit à ce propos et condamné pour ce fait à plusieurs mois d'emprisonnement, il vécut misérablement d'articles de journaux et de brochures jusqu'en 1850. — A cette époque, il fut arrêté pour avoir insulté, en pleine Assemblée nationale, l'abbé Lamennais, et fut amené à Bicêtre. Il y resta sans interruption, ou à peu près, jusqu'à sa mort, année 1866.

Pendant toute cette période , le délire de l'abbé Paganel resta identique; il se généralisa seulement dans les derniers temps. H s'imaginait être en butte aux persécutions du clergé, et, par l'influence du clergé, du directeur de l'hospice, des médecins, des élèves, des magistrats et du ministre de l'intérieur : tous ont reçu de ses ennemis des sommes considérables.

C'est ainsi que son délire, limité dans le principe à

Mgr de Qiiélen , ù l'abbé Trcsvaux , son secrétaire , s'est étendu par la suite à toutes les personnes qui ont passé sous ses yeux à l'hospice comme médecins, élèves, employés , administrateurs , aux divers ministres et préfets qui ont tenu le pouvoir, ou aux magistrats appelés par leurs fonctions à Bicètre.

Devant tous, il n'a cessé de protester de l'intcgritc de sa raison, et a écrit assez de lettres pour former des volumes. Il n'a cessé, dans ses paroles et ses écrits, de faire preuve d'une force très-remarquable de dialectique et d'associations d'idées souvent embarrassantes, se faisant passer pour un persécuté et inventant toutes sortes de preuves , que l'on aurait pu admettre un moment si Pagauel eût été dans un autre milieu; avec cela, apportant dans ses gestes, sa pa- •role, une verve pleine de feu, une expression des plus animées. Il se livrait très-fréquemment à la colère quand on le contredisait.

Jamais il n'est sorti du cercle de ses idées primitives de persécution, et s'il les a étendues, cela tenait au nombre de personnages qui, en seize ans, ont passé sous ses yeux.

Il est mort des suites d'une dégénérescence albéromateuse des gros vaisseaux, dans un état de coma lié à une asystolie cardiaque. Six mois avant sa mort, il avait eu une légère hémiplégie à droite.

L'autopsie révéla l'existence d'une méningite chronique et l'intégrité de toutes les régions périphériques de l'encéphale. L'examen microscopique démontra aussi un état des plus sains des parties du cerveau dévolues à l'intelligence et au moral.

Il existait un foyer de ramolhssement très-circonscrit dans le noyau extraventriculaire du corps strié gauche de l'athérome artériel, et une dégénérescence graisseuse du cœur.

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