CHAPITRE GI\'QUlÈiME
quatre malfaiteurs , qui , après l'avoir garrotté , lui volèrent son argent. Des agents de l'autorité s'étant présentés chez lui pour demander des renseignements, G... ne voulut pas les laisser pénétrer dans son habitation , déclarant qu'il ne ferait connaître que par la voie d'un journal ce qui hii était arrivé. Il écrivit, en effet, au Journal de l'Aube une lettre circonstanciée qui fut lue à l'audience. — Les accusés furent tous condamnés.
La déposition écrite de G... a contribué pour beaucoup à la condamnation des malfaiteurs.
M. Maret , qui a étudié avec soin dans sa dissertation inaugurale la question du délire des persécutions, divise les malades en trois groupes : les aliénés qui ne sont nuisibles ni aux autres ni à eux-mêmes, ceux qui sont dangereux pour eux-mêmes et qui ont des tendances suicides, et enfin les aliénés dangereux pour les autres. Cette division mérite d'être remarquée et même de prendre place dans la science. Il est en effet d'une importance capitale pour le médecin consultant comme pour, le médecin légiste, de savoir que par le fait qu'un aliéné est atteint du délire de persécution, il peut se tuer ou commettre de grands crimes.
Pour les aliénés du premier groupe, quelquesunes des observations relatées plus haut s'y rapportent et nous dispensent d'en donner ici d'autres. Citons simplement l'observation d'un persécuté à tendances suicides, nous réservant d'ailleurs de revenir plus loin sur cette grave question de la mort volontaire chez les persécutés.