‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 81 sur 234 · OBSERVATION XXXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXI

Solitude absolue pendant vingt-cinq ans. — Idées de persécution. — Valeur du témoignage de l'aliéné, à la suite d'un attentat commis sur sa personne.

Aux environs de Troyes existe un domaine assez considérable, connu sous le nom de petit château de Saint- Pouange. C'est là que, depuis vingt-cinq ans environ, le sieur G..., ancien imprimeur, habitait en 1846, dans une solitude absolue. Son manoir, véritable fort détaché, est protégé par une triple enceinte de haies, de fossés et de barrières. Sur la porte d'entrée, on lisait avec surprise cette inscription : Franc fief de droit naturel; et si quelque voyageur se présentait pour visiter cette habitation , soudain le pont-levis se levait, et une voix forte faisait entendre ces mots : « Arrête, citoyen, respecte mon domaine. Qui es-tu? que demandes-tu? » Cette voix était celle du sieur G. . . , vieillard de soixante-seize ans , qu'une exaltation singulière d'idées sur tout ce qui touchait la religion , la politique, la justice et les rapports sociaux, avait rendu aliéné. Fidèle adorateur du soleil, il entrait en fureur lorsque la cjoclic du village appelait les paroissiens à la messe. Le vent soufflait-il avec violence, c'était un vent que le prêtre du village lui envoyait pour lui être nuisible. Il ne mangeait jamais de viande et avait en horreur tous vêtements tissés avec la toison d'un animal. A ses côtés , pendait un sabre prêt à frapper ses ennemis.

Le 23 août 1843, G... fut assailli dans sa forteresse par

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