‹ Le Délit AlcooliqueChapitre 19 sur 82 · II. — Iluresse normale · texte numérisé non relu

II. — Iluresse normale

L’ivresse normale est un phénomène assez connu pour que toute description paraisse inutile. Cependant il paraît préférable, afin de donner une base consistante à nos discussions, d’en dresser un rapide schéma.

(1) Docteur de Vaucleroy. De l’alcoolisme dans l’armée et des moyens de le combattre. Bruxelles 1900 (brochure).

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45. ACCÈS TYPE. — On considère généralement qu'un accès complet présente trois phases.

1°) Phase d’excitation. — Le premier effet de l'alcool est une excitation générale de tout l'être. Le sujet ressent un bien-être croissant, au milieu de ses réflexes faciles ét de son imagination rapide et gaie. Une délicieuse euphorie le baigne et il se laisse aller aux élans attendris et érotiques. La circulation devient plus active, le visage se colore.

Au point de vue criminologique le trait essentiel de cet état est la diminution du pouvoir de contrôle. Les idées se succèdent, rapides, parfois aussitôt évanouies, mais aussi facilement réalisées. Une suggestion qui, à l’état normal, serait discutée, inhibée, est immédiatement exprimée chez l’homme ivre et peut déclencher immédiatement un processus d'exécution. D'où ces réactions absurdes, instantanées, fréquemment destructives.

2°) Phase de dépression. — L'’ardeur superbe de tout-àl’heure est tombée. Le sujet est maintenant en proie à « une sorte d’ataxie physique et intellectuelle » (1), confusion mentale, troubles de l'équilibre qui déterminent une démarche zigzaguante, interrompue par des chutes : ce n’est plus le conquérant glorieux de tout-à-l’heure, mais le vaincu, pâle, qui titube, inélégant.

D'humeur mobile, le sujet peut dans cet état se laisser aller à des violences. Il peut aussi commettre des délits de négligence où d'imprudence.

3°) Phase comateuse. C'est la fin : l’homme est ivremort, il est tout juste capable de manquer de respect aux

(1) Laignel Lavastine, op. cit., p. 345.

PDU, Leu -

agents qui le transfèrent au poste, ou de commettre bien involontairement un outrage à la pudeur.

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