‹ Le Délit AlcooliqueChapitre 18 sur 82 · I. — Jvuresse anormale · texte numérisé non relu

I. — Jvuresse anormale

44. D'une façon générale les individus qui présentent des défectuosités notoires, offrent vis-à-vis de l’alcool une susceptibilité particulière. Chez ceux-là, l'alcool est le déclic qui déclenche le ressort (1).

D'autre part, l'ivresse peut prendre chez des individus d'apparence normale certains aspects pathologiques, dont voici les principaux types d’après Vibert (2) :

1°) Zvresse agressive et violente. Cette forme, au dire de l’unanimité des auteurs, est plus fréquente qu’autrefois, et cela sans doute est imputable à l'alcool d'industrie, particulièrement pernicieux.

Ici l’ivrogne est taciturne, agressif, et commet facile-

(1) Laignel Lavastine, op. cit., p. 538.

(2) Vivert, op. cit., p. 702 ss.

DR ons ment un meurtre qui, par la sûreté de son exécution, revêt l'allure d’un assassinat.

2°) Dans l'ivresse excitomotrice, les cellules motrices du cerveau semblent particulièrement intéressées. Le sujet, après une légère période de malaise, se lance soudain dans une rage aveugle et destructive, au cours de laquelle il frappe avec une grande sûreté de gestes, et qui est suivie d’une amnésie lacunaire.

Le docteur de Vaucleroy donne l'exemple d’un soldat qui, dans cet état, s'était livré sur ses camarades à une fusillade effrénée (1).

3°) L'ivresse convulsive diffère de la précédente en ce que le sujet, inconscient, se livre à des gestes désordonnés.

4°) Enfin, dans l'ivresse délirante, les centres psychiques sont particulièrement atteints, d’où délire plus ou moins systématisé, à forme triste, dont le type est le délire d’auto-accusation. |

Ces formes anormales de l'ivresse sont parfois esquissées par des accès normaux, mais apparentés à l’un ou l’autre type.

C'est sous le bénéfice de cette observation que nous allons parler de l'ivresse normale.

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