La prohibition absolue
L'idéal, de ce point de vue, serait la prohibition de l'alcool de bouche. En effet, la cause étant totalement supprimée, l'effet disparaîtrait également.
Malheureusement, cet idéal n’est pas réalisable.
Les pays qui ont décrété la prohibition absolue ne sont secs qu’en principe.
D'autre part, décréter cette prohibition n’est pas toujours possible, et c’est le cas, dans notre France actuelle.
Deux forces, chez nous, défendent l'alcool : les mœurs et les considérations fiscales et politiques.
Nous avons vu combien était forte dans l'opinion publique française, la position de l’alcool. Les pouvoirs publics, de leur côté, ne peuvent vouloir cette réforme. L’alcool est une source de revenus trop importante pour qu’un Ministre des Finances y renonce, trop immédiate, pour que le même Ministre se demande si, sous forme de prisons et d’asiles, l’alcool ne coûte pas plus qu'il ne rapporte. Enfin, tous ceux qui en usent et en particulier les débitants de toutes espèces sont une force électorale trop puissante
pour qu'on y porte atteinte et enfin, dans un pays vinicole comme la France, la prohibition soulèverait des difficultés économiques.