CHAPITRE V
monde. Ceci est encore confirmé par un autre passage de la mythologie du Nord ( Vafthundermal , v. 46 et 47 ) , suivant lequel, après la destruction du monde (Surturs Rrand) , lorsque Fenris (c'est-à-dire les ténèbres) aura dévoré le soleil , cet astre sera remplacé par un iwuveau soleil. Or, comme les images de la destruction future du monde sont empruntées à une catastrophe qui a ravagé notre globe, et comme cette catastrophe n'a pu détruire le soleil , il n'y aurait pas lieu de prédire qu'après la destruction du monde apparaîtrait un nouveau soleil, si, après la révolution antérieure, le soleil ne s'était pas levé, comme je l'ai démontré, d'un autre côté que précédemment, et qu'ainsi on ne l'eût pas pu prendre pour un nouveau soleil. Les hommes qui avaient survécu à cette catastrophe en ont tout naturellement parlé à leurs fils ; mais , comme ils ne croyaient pas que la terre pût changer de place , ils faisaient changer de place au soleil : ils disaient qu'il s'était levé autrefois du côté du svd et que les régions froides s'étaient trouvées à \est, tandis qu'ils auraient dû dire que les contrées orientales d'aujourd'hui avaient été situées autrefois au sud et les contrées septentrionales à 1'^^^. Pour comprendre les images de la mythologie Scandinave^ il est donc nécessaire de supposer que le genre humain a survécu à un déplacement d'axe du globe. Comme je me suis proposé de montrer plus tard les rapports intimes qui lient l'hypothèse d'un déplacement du lieu où le soleil se levait , aux traditions et aux mythes les plus importants des anciens, ainsi qu'à leurs idées religieuses et astronomiques, je me bornerai ici à faire observer qu'il semble en être résulté chez les anciens une confusion , non-seulement des noms des vents ( Homère , par exemple, fait venir du même côté deux vents différents), mais encore de ceux des plages mêmes. C'est ainsi qu'en latin le sud est désigné par le mot auster, mot vraisemblablement venu de l'Asie et qui, un peu modifié, a
pAlissaiit de plus en plus, la chaleur deviendra moindre encore , et la neige fondra en abondance des quatre coins de r univers. Les hommes, pressés par la faim, s'entr'é- «{orgeront, tous les liens de famille seront brisés, les frères tueront les frères, les enfants les pères, les femmes leurs maris. Tous les désordres régneront sur la terre comme au temps où Ton ne connaissait point Esus * , où personne ne suivait d'autre loi que celle d'une peur brutale de mourir de faim. Les étoiles ne donneront plus de clarté, les montagnes seront ébranlées , les arbres déracinés , jetés au loin par la tempête. La mer débordera de toutes parts, les fleuves rouleront des flots de venin qui tueront tout ce qui sera vivant. L'eau et le feu détruiront la terre et la feront ensuite helle comme au commencement. Ce sera le nouveau règne d'Esus. ;?