‹ Le déluge;Chapitre 126 sur 187 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

gloutie par la mer s'applique d'une manière remarquable h Tctat dans lequel la catastrophe du déplacement d'axe doit, à mon avis, avoir laissé la plaine orientale de F Europe, surtout la Russie. Selon la tradition, cette plaine a dû être pendant quelque temps une mer basse, une espèce de l'aste marais où Ton ne pouvait naviguer. Ce ne fut que plus tard qu'elle se releva ; elle prit alors ce caractère remarquable qu'elle conserve encore aujourd'hui, mais qu'elle n'aurait point eu si elle n'avait pas été submergée par la mer. Je pose donc l'hypothèse géologique-historique que r Atlantide des anciens est l'Europe actuelle et que ses habitants, qui périrent par le déluge, sont les Atlantes ou les Titans des anciens. Cette hypothèse donne, sans contredit, la clef d'une foule de problèmes que présente non -seulement la mythologie des Grecs et des Romains, mais aussi celle des Scandinaves, dont les mythes ingénieux ont une base beaucoup plus solide et supposent une réflexion beaucoup plus exacte sur la nature, une connaissance de l'histoire des temps fabuleux beaucoup plus profonde qu'une observation superficielle ne le ferait soupçonner et que le scepticisme historique des temps modernes n'est disposé à le croire *.

(i'est un fait géologique , confirmé par des témoignages historiques irrécusables, qu'à une époque géologiquement non éloignée de nous et môme dans les temps historiques, la plus grande partie de la plaine orientale de l'Europe a été couverte par la mer. C'est ainsi qu'Hérodote, qui vi-

' C'est J.-6'. Rhode qui , dana son ouvrage déjà cité . se sert de quelques cxprestions applicables surtout à plusieurs auteurs allemands. « Il faut , dit-il . pour avoir rang parmi les bittoriens modernes, souiller arbitrairement le sanctuaire de l'ancienne histoire. On reconstruit l'antiquité selon des plans prémédités , et tout ce qui ne cun- \ieot pas dans cet édifice, tout ce qui est trop difficile à comprcndie dans l'antiquité la plut reculée , tout ce qui ne s'accorde pas avec la manière actuelle de penser et qui ne peat être tradail dans le langage modet-ne de la science-, tout cela on l'appelle de$ hiéroglyphes, ds$ allégories, des symboles. Certes, los explications de cette espèce sont faciles, puisqu'il ne faut que juger conformément à notre manitre de penser et d'observer, tant se Mocier de celle des siècles Trs plut reculi's. r^

S3«) LE UKLI'GK.

vAÎt au cinquième tiède avant Jétos-Chritt, raconte que des «fons qui demeuraient à Test du Palus Méotide (la mer d*Aiof) venaient de découvrir, en poursuivant ie gibier, que le limon s* était (ellemont durci qu'on pourait raardier dessus. Strabon lui-même, le plus grand géographe de son temps, Strabon, qui ne vivait que peu de temps avant Jcsus-Cbrist, croyait, ainsi que plusieurs auteurs du moyen âge, que la mer \oire communiquait à TOcéaD. Remarquons encore que c'est sans doute le desséchemeol de la plaine orientale de TKurope qui a fourni aux peuplades de TAsie, lorsqu'elles allaient commencer la grande migration , une occasion favorable de pénétrer dans l'Europe; les aborigènes de cette partie du monde qui ont survécu au déluge auront émigré en traversant ou l' Asie- Mineure et la Grooe, ou la partie septentrionale de la Russie^ de la Finlande et de la Scandinavie, ou en suivant l'une et Tautro route. Or, si Ton admet qu'avant le déplacement de Taxe du globe, cette partie de T Europe ait été élevée au-dessus du niveau de la mer, qn^elle ait eu un diniat au moins aussi favorable que celui des parties de l'Asie alors hahilées, on tic saurait nier, en partant ainsi d'un poiut do vue géologique, qu'il ne puisse y avoir eu là, comme Pluton nous le raconte, des Ktats avec un gouvernement régulier, quoiqu'il ne faille pas oublier dans quel but (pour faire une description idéale d'Athènes), Platon s'est servi de la tradition de l'Atlantide^ qui, déjà alors (plus de deux piille ans après le déluge), n'était (mère (/H une tvadilion historique très-intéressante. Considérons que les rapports géographiques permettent trèsbien de supposer que l'Atlantide ait pu confiner à l'État de Babylone ou l'Élymée, lequel déjà avant le déluge doit avoir été très - civilisé ; considérons encore que nombre d'anciens auteurs, par exemple, Homère, Aristotc, Proclus et la plupart des Néoplatoniciens, Diogène Laerce, Dîodore do Sicile , Plutarque , Strabow , Pline , Swvda.s , Pom^nius

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