CHAPITRE III
J. C. W. Voigl, J. C. Freisleben, F. A. Keusz, Léopold de Buch , Alexandre de Humboldt el enfin Goethe ; parmi les Français, Brochant de Villiers, d'Aubuisson, de Voisin, etc. ; parmi les Anglais, Robert Jameson, fondateur de la Wernerian Society, W. Smith, Greenou({h,J. Webster, Conybeare, Mac-CuUoch , W. Biickland, Sedwick, Lyell, Sowerby, etc., etc., ainsi que Henri Steffens, Norvégien d'origine, mais Danois par son éducation académique et ses rapports de famille.
Plusieurs des savants que nous venons de nommer épousèrent les idées de Weruer, et regardèrent fécorce de la terre comme formée exclusivement par la mer ; ce sont les disciples de ïécole îieptunienne moderne. Cependant la géologie fit bientôt de nouveaux progrès ; on reconnut que plusieurs phénomènes géologiques, non-seulement étaient inexplicables dans la théorie de Werner, mais encore qu'ils lui étaient tout à fait contraires. Ainsi Werner rangeait le basalte dans la classe des formations secondaires , mais il fut prouvé qu'il entrait aussi dans la composition des terrains primitifs ; le granit, qui devait appartenir aux formalions primitives et.se trouver, par conséquent, sous les autres terrains, fut trouvé au-dessus de ceux-ci dans les montagnes Scandinaves, dans les Alpes et même dans les Ërtzgebirge, où Werner avait puisé les éléments de son système; enfin, une foule d'opinions furent émises sur Tâge des Alpes. Cependant la confiance qu'on avait en l'infaillibilité de la théorie de Werner était telle, que l'opinion exposée par son élève Voigt, excellent minéralogiste, selon laquelle la formation de l'écorce du globe était due en grande partie à l'effet du feu intérieur, ne put prévaloir. C'est à l'Écossais James Hutton * qu'il était réservé de fonder \ école volcanique. Il prélendit que les montagnes avaient été soulevées de dessous le niveau
» Theory 0/ Utf earth. lia:».
de lu tuer, ci qiit» Ivê tcrmiNB primitiveincnl horizotilauv avaieiil clé déplacé» et brisées pjir les effeU de» volcatis. Il ostsayii dr promer qui:* leis l'oiihnciUs rorniës de coffe inaiiieiT avaient èiè ïmuhieri^ès plu« lard pftr des IrcmblenienU rolcanrques vi des inondation» do la mcr^ el que àc leuri débris »Y»tûienl formî'* ks nouveaux coiitinenls. Selon lui, ce» réiolutioiis s'éiaieut au moins répétées deu\ foi H, Les idées de Huilon furenl ardetnmeiil défendues par Jolin IHa^fair ^, (pii ennrbit sion oiivrag<3 de iiole& ins- Iructiies, et par Jameg Hall *, qui frl plusieurs expériences lrèï*inlére»gante8| leiidanl à appuyer !a tbéorie de Hutlon. il' au 1res savants anglais^ IVaneais el allemands, adhéreals de la même théorie, prétendirent que plusieurs terrains, notamment ieê terrains primitilk et non fossililereâ, n'étaient pas de# dépAls Ibrmés au Ibnd deii eaux^ mais des subittancei, ejiii , tinidues par le ("eu intérieur, avaient été portées à Tétat liquide à la surt'aee du *]!obe, où elles s*é- (aient refroidies « en partie après la déposition de certains lerrains que Técole de U'erner considérait comme plus réei»ntH, \Iai« comme il arrive tonjourjs, les défenseur» de celle nouvelle tliéorie c{ni atlribuait au ïeu la principale pari dans la formation de Fécorce du globe, lombèrenl aussi de kur côté dans Fe\a(|ération ; plusieuri de leurs arguments farenl réfutés, et une lutte acliarnée s'engageii entre lei« adhérents des deux théorieiâ du neplunismc et do volcanisme. La victoire rcsla enjin h deux des disciples de IVerncr, Léopold de Bueli et Alexandre de Humboldl, qui avaient consenti à modifier les idées du maître dan« ce qu'elles avaient de trop exclusif
C'est k M. Léopold de Huck qnon doit rin^fjéniewst' ibéorie des soulèvementî^, selon laquelle la plupart de» teiTains qui composent récorce du globe ont d'abord été
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des sédimoiU déposés par U mer ; nuis qui, sovievés pl«s tard par T action do feo central, ont fait éruption à la s ur-> face de la mer a?ec les formations plalonieones antérieures. A Taide de celte théorie, on explique encore comment il se fait que les roches inférieures , parmi lesquelles il faut ranger les terrains primitifs de Werner, se tj-ouvent souirent placées aa-dessus de terrains plus récents. Cest une conséquence de la pression intérieure, qui, en agissant contre la croûte du globe , lui a fait subir une tension excessiire. Les couches supérieures ont alors dû se briser, et les inférieures ont ainsi été portées à la surface. Les premiers écrits du célèbre géologue de Berlin prouvent assez que ses idées furent d'abord neptuniennes ; et, eu effet , se» études approfondies des Alpes , des volcans de r Italie et du midi de la France, ne pouvaient lui en susciter d'autres. Sa conversion n'est due qu'aux voyages qu'il entreprit dans la Scandinavie pendant les anuées 1806 à 1808, de Christiania, à travers la Xorvége, jusqu'au cap Nord; de là, à travers la Laponie, par Tornea, jusqu'à Stockholm , et de là à Christiania. Aux environs de cette dernière ville , il fut étonné de trouver le granit , que jusque-là on avait rangé parmi les terrains primitifs , et qui, suivant la théorie de Werner , devait appartenir aux terrains inférieurs, au milieu de terrains plus récents et recouvert principalement d'un calcaire particulier, contenant de nombreux fossiles. 11 fut le premier à prouver que la Suède est soumise à un soulèvement continuel; et, après avoir exploré en 1815 les iles Canaries, en compagnie du botaniste norvégien Christian Smith , il jugea que ces iles étaient d'origine volcanique. S' appuyant ainsi sur les expériences qu'il avait faites , il émit l'opinion que les iles de l'océan Pacifique ont été formées par T action volcanique. Il fit observer que les volcans peuvent être classés par
» Voyage en \orr/ge et en jMponle. Borlin, 1810.
2H IK DEMGE.
«jfoype* sur tpulc* la surfarf? du jfjlobe» ce qui prouve, se Imj lui, que le feu inlt'ri(»«r lîVsl fnîl jtmr ù Iravers dfl grandes rrevusses. It en rrinelul que non-seylemenl (ka eontiuenf^ entiers, mais aussi les monï«gnes qui s'y troureul , mîi i*lë saulevi'îi jînr 1p feu sûylerrain, et que re son! ces suuir*vrmeii1îi qui , eu iléplarant les rouelles prioiiliie* ment hoi rifoulaleis, «le manière à en former des eojltnes oti (les inllées, onl donné au\ divers pays leurs caractèrfs pnïpres. Il pronia |ïlns tard que l" énorme ehaine Ht^s Alpei; a êié sotilevtT par T apparition du porpUyre noîr (nirlajiljyrpf , ou pluItH que rapparition th} porphyre noîr e»l en rapport imniêdinl arec le soulèvement M. de Humtioldt , lï son tour» nous a fait eonnaiire plusieurs phénomènes Ires-intéressants sur le soulèvement des raontajjncs et la ^p'oloj^îe en jiénéral ; mais riionnenr d'aioir déreloppé srîenlïliqucment la liiéorie des soulèvements appartient h W, Klie de lïeanmont, qui montra que le système (le M- Léopold de Hurli sur les nmnla^^nes de rAïlemagnr, élail ajîpliralîie aux systèmes de monlaï^ues de tous If's pays, prinripalemenl àeeuxde l'Europe, dont il ft\n ÏÛf\e relatif, en recherchant les [diéuouiènes les plus caractéristiques qui ont aeeompa;|nt' leur soulèvemenl. Il prouia que les dépots des tornialions neplunicunes , qui consEîtnent le^ terrains dits sec<mdaïres ou de transition^ avaiejiJ dû élre formés pendant des périodes de longue durée, uniformes et Iranquîlles, mais que, de temps en temps, û était survenu de «grands cataclysmes qui ai aient inlerrompu la réj^ularilé de ees dépiits» Oràce à leur composition ti*èsdifl*éren(e, on pan i ni aisément à distin^^uer ces diffère ntcii formations^ d'anlanl plus que les débris de corps organiques ont dans chacune d'elles un caractère particulier. Ces phénomènes , ainsi que le déplacement des couches , ur peuvent, selon Fopiiiion ingénieuse de M. de Beaumonl, être al tri hués qu'à des catastrophes subites, occasionnées par le soulètrement des moutagnes. De T examen de ces faits,