‹ Le déluge;Chapitre 12 sur 187 · CHAPITRE UI. n · texte numérisé non relu

CHAPITRE UI. n

vite ^. Le Cat ^ émit Topinion que les continents avaient été formés par Faction de la mer, qui, en creusant son lit, avait entassé ses dépôls et son limon, tandis que Maillet' les croyait formés par le mouvement rétrograde de la mer. L^opinion contraire fut soutenue par Lazaro Moro ^ , qui fut regardé pendaut longtemps comme un des principaux représentants du volcanisme ; mais ses idées ont en général bien moins de profondeur que celles qu avait exposées, à peu près un siècle avant lui, Stenon. Comme celui-ci, il avança que les continents avaient été soulevés au-dessus cîu niveau de la mer par le feu, et que les fossiles qu on y trouvait étaient des restes d'animaux qui y avaient vécu.

Ce fut Tan 1743 que Buffon^ exposa son système; mais quoique ses hypothèses ingénieuses et son beau style lui attirassent Fintérét et Tapprobation du public, ses opinions n'en furent pas moins condamnées comme hérétiques par la Sorbonne. Selon lui, quelque comète en touchant Téquateur du soleil dans une direction oblique en avait détaché les planètes ; celles-ci étant originairement des masses fluides ignées comme le soleil, se seraient graduellement refroidies des pôles vers Téquatcur. D'après son calcul, la terre aurait employé 74,800 ans pour arriver à la température actuelle, et il lui faudrait encore 93,000 ans pour faire descendre sa température moyenne à zéro ; tous les êtres vivants seraient ainsi destinés à périr à mesure que la chaleur se dissiperait. Pour lui les continents se seraient formés de Feau de l'atmosphère qui, en se précipitant avec violence, aurait laissé les continents à sec.

' It^attn unâ me i$t Amerika bevœlkert vorden ? CAr. Kssai sar celte qo^ction, etc., par E. B. d'E. 1767.

» Magasin français. 1750.

3 Telliamed, Amcterdtm, 1748 (1755).

4 De' Croitacei et dcgli altri corpi marini. et ainiii de «aile. 1740. — AumI en »llemaod, intiialé . Xeue Hntersuehungen. 1751.

■'* Bist. nat. €ont. le» Kpoqufs as la Xature, lupplém. 1178.

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pour s'eiigoulTrt^r ensuile dftos les liasureu causée» par j roosolidalioiï dt» la massi* igiiét\ H diiisnii en outre tout** r histoire <]ii tLlt'v<*la|ïpempnl tîo la terre fri six ptvriodeît^ aux- 1 j 11 elle* il il ï» 1 ï a I <* ii n i j i si g n i fi ca t i f f f ' r/w>y h «".ç f/e h nature. Mais ce &ysl<'iiic% (|tiekjue ingénieux ^ju'il fui, se Irauvait sur plu sieur!» point:* en op^iosilitin nvee T expérience et tlul par conseqiiejït i^tre abaiïflniuié. Les idées de Fallas son! i\ bien des èf^iirdii plus eonlorracs an\ lois de la nature» quûîc[ii Viles ne suiiiit pas non plus exemples d'erreur» ^ Ce tjraud niituralisle pivteodil, par exemple, que les fossile», si fré(]uerr(s en Sibérie, y avaient été eulraïnés par un dèlui^e caujé par une éruption voleatiique^ qui aurait porîé la mer des Indes ^ivv TAsie. Vav cette eatastropbe, les piaules et les animaux de TAsie mêridiouûïe auraient été entniîués vers les réf^ions septentrionales, on ils auraient été saisis par les fjlaccs.

Les frères de Lue, contemporains de Pallas , et principalement Jean Andié ^ lire ni faire des profîr^s réels aux sciences naturelles, surtout à la météorolo^^ie» Mais quoique ce dernier démoutri\t jusqu'il révidencela fausseté de,"! syst^mes aulérîeurs, il tomba lui aussi dans de ({raves erreurs, en louîaJil expliquer la création du monde et surtout le déïuj|e conformément an récit de la Genèse. Ce u'élait que par une étude a ppro fondre de la série des terrains sucecBSj fs el des fossiles qu'ils conlienncut, qu^on pourait parrenir a des résultais i^éolof^iques salisfaisanis ; condition indispensable de toute bonne théorie sur la création. Hcurcnsemcnt les géolof^ues se décidèrent enfin h abandonner les bypotbéses pour la partie plus pratique de leur science. C'est ce que fireuf entre autres les f^éologues allemands J. iu Lebmann et (]. Fucbsel , les Aufjlais \Iitcbcl, VVitbursl, mais surtout Tillnstre Saussure» qui, indépendant de toute école, exposa plusieurs idées nouvelles,

* attifrfMiuiiK x«r ht fonrmlia» titf» mmitfttj»&â. tlll

* Uttrr» Mertfff* fi phffitiifUrt, M a. il* ». t"J76 JT.

GHAPITRK III. 2;J

résultats des recherches iniuutieoses faites par lui pendant ' ses nombreux voyages dans les Alpes ^ Cependant il te borna en général à des résultats spéciaux. Le géologue allemand A. G. Wemer, au contraire, flt de ses expériences locales la base d'une théorie générale, et devint ainsi nonseulement le créateur d*un système de minéralogie, mais encore le fondateur d'une grande école, celle des neptu* nistes modernes. Comme ces idées ont passé longtemps pour incontestables et qu*elles ont exercé une grande influence sur le dévelopement de la géologie, je présume qu'un résumé de son système pourra offrir quelque intérêt.

Werner fut le premier qui démontra que les différentes couches de Técorce du globe se composent des mêmes éléments plus ou moins modifiés. 11 divisa plus tard les terrains en un certain nombre de formations, et, quoique son système ne soit pas complètement admissible, on ne peut disconvenir de la justesse de la pensée sur laquelle il était basé. N'ayant à sa proximité d'autres montagnes que les Ërtzgebirge et leurs environs , où les traces d'une formation lente et régulière sont évidentes, il se décida tout à fait pour le système purement neptunien ; car il croyait la terre formée de dépôts aqueux, dans lesquels les pierres et les masses de terres auraient été pri* mitivement dissoutes et dont la surface de la terre aurait plusieurs fois été couverte. Restait à expliquer la cause de ces bouleversements. Comme ces dépôts n'auraient pu se former que successivement, il fallait nécessairement, selou sa théorie, envisager les couches inférieures comme antérieures à celles qui leur sont superposées. Werner rangea ainsi, parmi les formations les plus anciennes, les terrains dits primitifs, qui, composés de granit, de schiste micacé, de gneiss, etc., étaient de nature cristalline et tout à fait

* Voyagea dans tes Alpes, 1 790 9i

d«*jiotirvii» de fosiiile»; nu-dr^iHus âr criix-d se trouvaient, •lîlmî lui^ les krrnim (k iraimithn^j \mmn lesquels il c*oiti|)luît les ealcuire;» duriii, les srhîsU'!^ ar^ilciiv d^i tran* s^iLioti, i4(\; ce$ ierraiiis, m pHrlie rrislulliiis^ lui onVirenl ii'^ pri»iiiit rvs Iriicos dv tivUth d"tnjiMiuu\ ou de plantes. Au-desiiius rlakrnt s^iUiés les tuntim xtraftjirs (Flueligel>ir^e» ivrrabu secondaires}^ (juî paraisse t \>\iis jeunes ijue les priTi'denIs vî sont stirloiil compost' s de difltTentes ri»peci!S de j^rês, de kiiuîllr, d'arjjile, de j|ypse^ etc.; oh In II trouve eu aboiidauce des IVissdes priut ipuleioeiU d'ai(nîiau\ inarinîi; U\s iornialioiis les plus récentes étaîeiil les tt'fTfiinjf ifalhtvhn, eomposéî» tfe couches Hr*|ileuses» carlioiiilereSj etc., eonlenanï des déliris di* bœufs, de cerfs, de Hunocéros, d'élêpliants^ elc. Le dêpincenient des conciles fut «Uribué par U crner tV des circonstances eutièretuent locales^ comme à Feeroulemeiil de eavernes. Quant mi\ voleanit^ ce n'étaient, selon lor^ que de «jcands incenflk'S de la terre, produils par des causes locales»

Ce fut aiiiiJi ijue \V crncr jeta les premières bases de r histoire du globe-, qu'il fait remonter k des milliers d'années au delà des sou l'en irs des hommes. Cette idée si hardie est anjoiinrhui jjénérah'ineul admise et destinée à prendre ranjf parmi les vérités les mieux déuîontrceiS. On conçoit aisémeni qu'un système qui portait a un aussi baut . degré le cache l de la vérité, tout en s' appuyant sur les re- I cherches géoUigiques les plus récentes, dut exciter rétonnement du monde éclairé. Plusieurs hommes de k tires parmi les plus distingués de T Allemagne, de la l'Vance et ■ de rAnglelerre se livrèrent avec enthousiasme â une étude ' qui promeltail une récolte si rtclie et si inféressank\ \ous avons déjà mentionné plusieurs de c^^ savants en parlant fies fossiles ; nous devons uojumer parmi les Allemands,

' Uhiuh kuii kttiZf. VAnifiifictit'w}t ttit ii\hitrjiimittt^ ^U: , HS", 1r» Ifiruïrii df IrJiii-

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