CHAPITRE VII. 2W
nioiitre que Tétai des Allantes était situé entre TOcéan (cest-à-dirc TOcéan Atlantique actuel) et la mer (la Méditerranée actuelle). Ensuite il nous fournit un nouveau témoignage très-frappant du déplacement d'axe. Il nous apprend que, pendant la catastrophe, le ciel (le firmament) ' fut fortement ébranlé (oupotvoç eùpb; c€io[jL£vo<;),et que partout Tœil rencontrait la même vue, que partout Toreille était frappée du même son , comme si la terre et le ciel voûté (le firmament) s'approchaient (eiejaro o'ôfvTa ôipôaXfiLOÎciv lofîv, rjS' oi5a<7iv odffav axouaai. Autwç Ô)ç 6-:s yaia xai oupavdç cupîiç uTcepOev iciXvaxo). Enfin il dit qu'il s'éleva un grand bruit de la terre, qui se souleva, et du ciel (du firmament), qui se précipita dans les abîmes (toîo; yàp xe fjL€YiOTOç oouTcoç opoipsi , T7)ç {JL£V IpeiirofXÊVYjç , Tou S'u',J/oôev IçepiTcovTo;). Le mythe s'est donc servi d'images tirées de la catastrophe du déplacement d'axe, puisque, lors de cette catastrophe, une partie du firmament alors connu dut sembler s'abaisser vers la terre et disparaître sous l'horizon; ou, pour me servir des expressions mêmes de la mythologie Scandinave et de l'Apocalypse, un nouveau ciel (une nouvelle partie du firmament avec de nouvelles constellations) dut sembler apparaître, et le ciel étoile faire l'effet de vibrer jusqu'à ce que l'équilibre du globe fût rétabli.
Ce mythe nous offre surtout une description conforme à la nature, des violents phénomènes de soulèvement et d'affaissement auxquels une partie de l'Europe et de l'Asie, selon ma théorie, a dû être exposée , tandis que le récit mosaïque, au contraire, nous décrit l'inondation que le déplacement de l'axe dû globe a dû provoquer dans l'Asie- Mineure, dans la Perse et surtout dans les terres situées plus & l'est. Mais, malgré leur différence apparente, le injthe cité et le récit mosaïque présentent tous deux une ressemblance remarquable. Dans le mythe, le combat des dieux et des Titans est dit avoir duré dix ans, avant que
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les dieux aieut pu remporter la victoire; ou, en d*autres termes, Tissuc de la catastrophe resta douteuse pendant dix atis. Si Fod admet, avec Rask, qu'avant le déluge on s'est servi d'années lunaires, alors Tespace de temps qu'csl censé avoir pris le combat des dieux est le mémo que ce\m pendant lequel , selon la Bible, Tissue de la catastrophe du déluge fut douteuse; ou, en d'autres termes, avant que les sommets des montagnes reparussent , c'està-dire , dix mois *.
Cette circonstance fournit une nouvelle preuve en faveur de l'hypothèse que ces révolutions, si différemment dépeintes selon la diversité des localités, ne sont que les deux faces de la même catastrophe, et que le récit historique modifié a passé dans la mythologie gréco-romaine, la superstition, ou l'imagination poétique, ayant regardé cette révolution de la nature comme un effet du combat des dieux anciens et modernes. La justesse de cette hypothèse deviendra encore plus évidente pour le lecteur quand il veira, dans la suite du présent ouvrage , que la narration mosaïque du déluge et la tradition de l'Atlantide chez Platon (tradition historique de la même catastrophe que le mythe du combat des dieux et des Titans dépeint avec des couleurs poétiques) ont Tune et l'autre la môme source, savoir, la doctrine des prêtres égyptiens, et qu'elles se suppléent mutuellement : de sorte qu'elles ne peuvent pas être comprises séparément. On peut déjà facilement se convaincre que les traits principaux de la mythologie grécoromaine, quoique un peu changés, s'accordent tout à fait avec la plus ancienne histoire du genre humain, celle que nous a laissée la Bible. C'est ainsi que le récit de la mythologie sur la création de l'homme a une grande conformité avec celui de la Bible. Le titan Prométhée forme aussi
I (jeu. VIII , 5. Au premier jour du dixiènie mois * les sommets des montagucs t« moQdcrentt