CHAPITRE un
h\ CATASTROPHK 1)1 DKPI.ACEMKXT OK l/.AXK Dl GLOBR EST AISSI ATTFISTKK PAR I.KS TRADITIONS l)K I.' ATLANTIDE, SIRTOIT PAR CEM.E DE PLATON, Qll XOIS A CONSERVÉ UNE PARTIE IMPORTANTE DE L* HISTOIRE DL GENRE HIMAIX AVANT LE DÉLIGE. LA CONTI- NIATION DE CETTE TRADITION SE TROl VE DANS LA NARRATION MOSAÏQUE Dl DÉLIGE.
Pour mieux mettre le lecteur à même de juger de la validité de Thypothèse que je viens de poser, savoir, que FEurope soit TAtlantide jadis engloutie, je citerai ici les anciennes traditions les plus importantes touchant Vétat du genre humain avant le déluge, en y ajoutant quelque peu de notes. Je prie le lecteur de se rappeler que je me borne à prétendre que la narration mosaïque du déluge^ comme les mythes auparavant cités, reposent sur une base historique. Aussi la tradition principale de TAtlantide chez Platon ne se présente-t-elle que comme de vagues souvenirs du narrateur sur ce qu'il a entendu, pendant son enfance, du législateur athénien Solon, qui lui-même Tavait entendu des prêtres égyptiens. D'autre part, il ne faut pas non plus oublier que , par suite de l'antiquité de FËgypte et de leur propre civilisation , les prêtres égyptiens jouissaient d'une réputation si grande que plusieurs sages de fa Grèce et autres hommes célèbres cherchaient chez eux
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rinslruclion ; ainsi F Egypte est la patrie primitive de l>enucoup de doctrines que nous tenons des Grecs, et la plupart des anciens savants de la Grèce étaient littéralement les disciples des Egyptiens.
LKS TRADITIONS DE i/aTLAXTIDK.
(Timœos de Platon, p. 25 j, E.)
11 y a en Egypte, dit Crilias^ dans le Delta, au sommet duquel se divise le Nil qui Tentoure, un iimne appelé Saïtique, et la ville principale de ce nome est Sais, celle-lA même d'où le roi Amasis élait originaire. Les habitants ont une divinité fondatrice de leur Etat, dont le nom est en égyptien Neïth, et en grec, s*il faut les en croire, Athènes ^ Ils aiment beaucoup les Athéniens et préten> dent appartenir en quelque manière à la même nation. Solon disait qu'arrivé dans leur pays, il avait joui de la plus grande considération, et que d'après les questions qu'il adressa sur les antiquités aux prêtres qui les connaissaient le mieux, il s'était convaincu que ni lui-même, ni aucun Grec n'y entendait rien , pour ainsi dire. Il ajoutait que, voulant un jour les engager à s'expliquer sur les antiquités, il s'élait mis à parler des temps les plus reculés des nôtres, de Phoronée, qu'on nomme le premier, de Niobé, et, après le déluge, de Deucalion et de Pyrrha, et de tout ce qu'on en raconte; qu'il avait fait la généalogie de leurs descendants , et s'était efforcé de fixer la date des événements, en se rappelant les époques; qu'alors un
< C'est Crilifts le jeone, personnage «sseï couou , petit-fils de Ci i(ias l'ainé. parrnf de SoIoD . qae Platon introduit dans le dialogoe.
2 Toute cette tradition nous fera connaître que , si la tradilion attribue aux dieux (les Klobim , 1rs Elymées , les Dives dés Mèdes , les Oioi des Grecs , les DU des Romains) des qualités surhumaines, ils sont cependant supposés avoir vécu parmi les hommês (les Adannites ou les enfants de Tborame). Il faut par rnn*éi{uent qu'ils airut él> dos hommes réels , mais «jns dwulc d'une race différenla.
t46 LE DéLUGE.
prêtre très-Agé lui avait dit : » Soloil, Solon, vous autres Grecs vous êtes tous des enfants; en Grèce, il n'y a pas un vieillard ; » — qu'à ces mots il lui avait demandé : « Comment rentendcz-vous? » — et que le prêtre avait repris : u Vous «Hes jeunes par vos âmes; car vous n'avez en elles aucune opinion antique venue d'une longue tradition, aucune connaissance blanchie par le temps. Et voici pourquoi : des destructions d'hommes ont en lieu en grand nombre et de bien des manières, et auront lieu encore; de très-grandes par le feu et les eaux; d'autres moindres, par mille autres causes. Ainsi cette tradition, qui existe aussi chez vous, qu'autrefois Phaèton, fds du Soleil, ayant attelé le char paternel et, ne pouvant le diriger dans la même route que son père, avait tout brûlé sur la terre, et que, frappé de la foudre, il avait péri lui-môme, c'est là un récit d'un caractère fahuleux ; mais la vérité est qu'elle signifie X aberration de tom les corps qui se meuvent autour de la terre et dans les deux, de leurs orbites, et une destruction qui arrive par intervalles, de tout ce qui est sur la terre, par un grand feu ^. Alors ceux qui habitent les montagnes et les lieux élevés et arides périssent plus t(U que ceux qui habitent les bords des fleuves et de la mer.
' Le texte original a : Tô ^'àXiiH; l<r:t t&v «tpi -f^jv xal xat' où^vov i^vtwv e«fA)>- ).«;iî xal 4i« •f.tx^ti )rpôvwv Y^^oj^-i^ ~wv tri -piÇ TTjpi soTi.'kA çOopâ. Ce remarquable paasaqe semble contenir directement an témoignage traditionnel , sinon bistoriqae , d'an déplacement d'axe ; car lea anciens , qui regardaient encore dans ce temps-U la terre comme immobile et tout cbangemeni de sa position comme impossible , devaient tout naturellement croire que les corps célcfïtes. en changeant de place, avaient causé la destraction de la terre. Platon en a été aussi intérieurement persaadé. On arrive A ce résultat si l'on compare ce passage avec les parallèles aux dialogues des Lois , p. h77 a , et Bver la Politique , p. 269 a , et si l'on tient compte de cette circonstance : que plusieurs savants grecs plus modernes , par exemple Plutarque , se donnèrent de la peine poar réfuter ces opinions exposées par Platon , partagées d'ailleurs , non-seulement par plusieurs philosophes grecs plus anciens, mois retrouvées aussi dans les hymnes orphiques, chei Heraclite. Rérose et plusieurs antres. Aussi , la suite fera voir au lecteur que cette idée n'appartient pas en propre à Platon , mais qu'elle a passé avec la tradition ellemême des Kgyptiens anx Grecs ; les premiers eurent les notions fondatnentales , astronomiques et philosophiqnes de la ruine et du renouvellement dn monde . en rommnn avec les Indiens , les (Ihaldéent et plusieurs autres peuples.