CHAPITRE IX. im
naient si Tun d'eux était accusé d'avoir violé les lois. Après avoir prononcé la sentence, au retour de la lumière ils récrivaient sur une tablette d'or et la suspendaient avec leurs robes dans le temple pour servir de monument. Il y avait beaucoup d'autres lois particulières sur les prérogatives des rois. Les principales étaient: qu'ils ne pourraient porter les armes les uns contre les autres^ et qu'ils seraient tous obligés de combattre celui qui entreprendrait de renverser une dynastie dans quelque ville; qu'ils se réuniraient comme leurs ancêtres pour délibérer en commun sur la guerre et sur les autres affaires , en laissant toutefois la prééminence à la race d'Atlas; enfm, que le chef suprême ne pourrait condamner à mort aucun de ses parents sans avoir plus de la moitié des suffrages. Telles étaient la forme et la grandeur de la puissance qui s'était élevée dans cette île, et que le dieu dirigea contre notre pays par la raison que je vais vous dire.
Pendant plusieurs générations , tant qu>e les habitants de cette île conservèrent quelque chose de la nature divine, ils se montrèrent obéissants aux lois et pleins de bienveillance les uns envers les autres à cause de leur parenté commune avec le dieu : car ils étaient animés de sentiments vrais et élevés, faisant éclater leur douceur et leur prudence dans toutes les circonstances et dans leurs relations mutuelles. C'est pourquoi, n'estimant que la vertu, ils attachaient peu de prix aux biens qu'ils possédaient, et supportaient facilement l'or et les autres richesses, parce qu'ils les considéraient comme un fardeau; ils n'étaient point aveuglés en se laissant maîtriser par la fortune et en s' enivrant de plaisirs; mais ils voyaient clairement que tous les autres biens naissent de la concorde et s'accroissent avec la vertu, et qu'en les recherchant avec trop d'ardeur on les perd eux-mêmes et la vertu avec eux. Tant qu'ils suivirent ces principes et conservèrent la nature divine ils réussirent dans tout ce qu'ils entreprenaient,
rro LE DELUGE.
comme je Tai raôonté; maîSj lorsque la partie dwine s'affaiblit à force de s'allier à la partie mortelle, et que les tendances humaines prirent le dessus, ils ne purent plus supporter leur fortune présente, et leur beauté commença à s*altérer : pour celui qui savait observer, leur laideur était sensible puisqu'ils perdaient les plus belles choses avec les plus précieuses; mais ceux qui ne peuvent voir la véritable vie quMI faut pour être heureux, les crurent au faite du bonheur et de la beauté parce qu'ils étaient pleins d'une ambition et d'une puissance injustes. Alors le dieu des dieux, Jupiter, qui gouverne selon les lois et sait faire de pareilles distinctions, voyant la corruption déplorable de cette race autrefois vertueuse, résolut de la punir pour la rendre plus sage et plus modérée. Dans ce dessein, il rassembla tous les dieux dans la demeure la plus auguste, qui, placée an centre du monde, domine tout ce qui est sujet à la naissance; et lorsqu'ils furent réunis, il dit
Ici finit le récit remarquable de Platon ; mais ne se pourrait-il pas qu'il trouvAt sa continuation dans le chapitre VI de la Genèse , qui , de même , parle d'une race de dieux mêlée avec celle des hommes et de la perversité de cette race. Le lecteur pourra encore mieux en juger en se rappelant que le texte hébreu de la Genèse se sert, comme je l'ai déjà montré, des mêmes dénominations que la tradition de l'Atlantide, c'est-à-dire, le dieu des dieux (Jéhova, Élohim, Jova, Jupiter), et les fils des dieux (Bené Élohim).
Chapitre VI. — I Or il arriva, quand les hommes eurent commencé à se multiplier sur la terré et qu'ils eurent engendré des^ filles :
2. Les fils de Dieu, voyant que les files des hommes étaient belles, en prirent pour leurs femmes, de toutes celles qu'ils choisirent,