CHAPITRE XI
transposition arbitraire du texte, une description tmite naturelle du renversement de Babylone par le déplacement d'axe que j'ai tâché de prouver. H n'est pas difficile de croire qu'une telle révolution ait été accompagnée de tremblements de terre redoublés, d'éruptions volcaniques, d'orages, de la plus violente lutte des éléments et de toutes les autres calamités mentionnées dans cette prophétie. Mais nous retrouvons la description de cette même catastrophe , avec les mêmes couleurs fortes , dans la mythologie et les traditions des plus anciens peuples; et les traits principaux que nous en a conservés l'Apocalypse, ont un rapport si frappant avec ces mythes et ces traditions, qu'on ne peut guère douter de la justesse de l'hypothèse, savoir, que l'auteur inspiré de l'Apocalypse s'est servi, pour les images de ses prophéties, d'un ancien document apparemment persan ou chaldéen, peut-être du livre, mentionné par lui-même d'une manière allégorique, où le renversement de Babylone était décrit et d'où des passages entiers semblent avoir été tirés. Cette hypothèse devient encore plus vraisemblable si l'on considère la manière dont les plus importants peuples de l'antiquité, c'est-àdire les Égyptiens, les Indiens et les plus anciens Scandinaves, s'imaginaient que le monde devait périr et se renouveler. La description du bouleversement du monde que la prophétesse Scandinave Vala a sans doute tirée d'une catastrophe réelle, ressemble non-seulement h 1& tradition du bouleversement de l'Atlantide, mais aussi aux figures de la révélation du bouleversement du monde. Dans les descriptions que plusieurs des philosophes égyptiens, indiens et grecs, nous ont laissées de cette même catastrophe, nous retrouvons également l'idée, développée surtout dans la prophétie de la Vala et dans l'Apocalypse, savoir, que le monde périra et se renouvellera un jour de la même manière qu'il a déjà péri et s'est renouvelé; c'est-à-dire qu'un petit nombre d'hommes vertueux, qui auront été sauvés de
la destruction presque commune, vivront dans des rap* ports plus favorables sur une nouvelle terre (en d'autres ternies, sur une nouvelle surface du globe), et sous un nouveau ciel (en d'autres termes, sous une nouvelle partie du firmament). Une interprétation correcte du onxième chapitre de la Genèse nous apprend de même que Babylone ou Babel, comme dit la Bible, a été fondée déjà avant le déluge. 11 est assez connu que la Genèse se compose de plusieurs fragments réunis dans un ordre qui n'est pas le meilleur. Il ne faut donc pas s* étonner si, par une mé«* prise , le récit de la fondation et de la destruction de la ville de Babylone se trouve placé après celui du déluge, quoique, en suivant Tautorité de Bérosos, il eût dû précéder. L'hypothèse que Babylone était antérieure au déluge gagne en vraisemblance, si l'on considère que dans le onzième chapitre, après avoir mentionné Babylone, l'auteur parle de Sem et dit qu'il engendra Arpacsçad deux ans après le déluge. Or , comme Sem vivait du temps du déluge, il semble qu'il faille rapporter toute la première partie du même chapitre à un temps qui précédait le déluge. Une telle interprétation se justifie aussi par cette circonstance que, suivant le même chapitre, les hommes (c'est-à-dire la race caucasienne) qui, avant la destruction de Babylone, parlaient une même langue, parlèrent des langues diverses après cette catastrophe, ce qui ne fut qu'une suite naturelle de leur dispersion sur toute la terre. En admettant que la destruction de Babylone , mentionnée dans le même chapitre , est arrivée aj)rès le déluge , nous tombons dans plusieurs contradictions : d'abord, comme l'a clairement prouvé Rask, sous un point de vue linguistique, parce que les noms de Sem et d' Arpacsçad, qui sont d'une dérivation toute différente, supposent deux langues toutes différentes; ensuite, parce que la Genèse (X, 5) mentionne le partage des iles des nations chacune selon sa langue , déjà pendant la deuxième et la troisième géné'^