CHAPITRE XI
H\TOTHESE QUE BABEL OU BABYLOXE, MEXTIOXXÉE DANS I.A BIBLE, A EXISTÉ AVANT LE DÉLUGE , ET QUE LES IMAGES DE l' APOCA- LYPSE ONT ÉTÉ TIBÉES DE lA CATASTBOPHE DU DÉPLACEMENT DE l'axe du globe , SUBTOUT DE M BlINE DE CETTE VILLE , QUI FUT DÉTBUITE LOBS DE CETTE CATASTBOPHE.
Rappelons-Dous d'abord ce qui a été précédemment démontré : savoir, que déjà avant le déluge la civilisation a dû être assez avancée, et qu'elle a en partie été anéantie lorsque, suivant mon hypothèse, notre globe s'est tourné pour qu'un nouvel ordre de choses phis élevé s'y développât. Maintenant, et ceci rappelé, quoiqu'il faille sans doute faire une ample part à la fable dans les anciens récits de l'Atlantide, dont je viens de citer les plus importants, nous serons forcés de reconnaître qu'ils sont cependant conformes à la vérité en ce qu'ils contiennent d'essentiel. C'est ce qui est confirmé non -seulement par les données que renferme déjà cet ouvrage, mais encore par d'autres qui ne sont pas moins remarquables. Nous avons vu que Bérosos met Babylone au nombre des villes antédiluviennes, puisqu'il raconte qu'elle fut rebâtie après cette catastrophe : ce trait m'a fait supposer que l'Apo-» calypse de saint Jean, qui rapporte le renversement de Ba-^ bylone par une terrible catastrophe, est basée sur un événement historique, et des recherches plus approfon-
tiréea $aot dont* da quelque deioription iocoonoe de cette révolution de la nature à laquelle nouH lomraeii 8i souvent rameni^ daoa le rnurs de re travail.
dîes ont conGnné cette hypothèse d'une manière étonnante. Sans aborder les questions tant débattues par les théologiens sur Fauteur de F Apocalypse, sur son but, sur le sens qu'il faut donner à ses descriptions, il suffira de remarquer ici que plusieurs raisons me font révoquer en doute le point important : Fauteur de ce livre, tout en révélant sa propre personnalité d'une manière extraordinaire ', a un esprit sectaire et des opinions chiliastiques ou millénaires qui s'opposent à la doctrine tolérante et sublime de Jésus-Christ ; il ne me parait donc pas pouvoir être le même que le disciple favori de ce dernier, le modeste, le pieux et aimable saint Jean. 11 m'est, au reste, d'autant mieux permis d'omettre ces questions que, dans ma conviction intime, une vérité plus sublime se cache derrière les figures étranges et fantastiques des prophéties de FApocalypse. Cette vérité, nous la retrouvons ailleurs dans le nouveau, et en partie dans Fancien Testament, sous une forme beaucoup plus simple et plus pure : cette vérité qui s'accomplira un jour^ quand F heure sera venue, c'est-à'dire quand la création , dans la suite des siècles, aura atteint son dernier développement. Je me bornerai ici à faire observer , que l'Apocalypse de saint Jean a été écrite après la naissance de Jésus-Christ; que, par conséquent , les traditions mythologiques et les opinions philosophiques dont F origine est de beaucoup antérieure à la naissance de ce dernier, mais qui ressemblent à celles de F Apocalypse, ne peuvent pas avoir été tirées de celle-ci; qu'il semblerait donc plutôt que ce soit Fauteur de FApocalypse qui ait puisé dans ces anciennes sources. En retranchant de ce livre tout ce qui s'y trouve d'incompréhensible pour la raison, et qu'il faut laisser aux rêveries d'une imagination malade, il nous reste, sans aucune
* Chap. 1,9, Moi, Jean , qui sois votre frère et qui ai part avec voos à l'afflictioD et au régne et à la patience de Jésos-Ghriit , j'étais dans l'ile appelée Patmot , pour la parole de Dieu et pour le témoignage de Jésas-Cbrist.