‹ Le déluge;Chapitre 24 sur 187 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

éloignées de réqoateur, quelle qu'ait été leur direction. Des vapeurs chaudes s'échappaient partout de Técorce du globe , des sources bouillantes jaiUissaient , les végétaux atteignaient des dimensions gigantesques, ce dont les forêts enfouies et les terrains houillers nous offrent des preuves incontestables. On est saisi d'étonnement en contemplant la puissance végétative de cette époque. Peu à peu cependant cette exubérance diminua à mesure que Técorce du globe se refroidissait et que les climats commençaient à se différencier ; en revanche, il en résulta une plus grande variété de forme dans le règne végétal. 11 est probable que, pendant la première époque de la création , les rayons du soleil n'ont pu percer l'atmosphère trop surchargée de vapeurs. Selon l'avis des géologues, cotte atmosphère devait être d'une autre nature que celle d'à présent , et contenir surtout une proportion plus considérable d'acide carbonique. La chaleur du soleil a dû néanmoins exercer une influence notable tant sur le développement de la terre en général que sur celui de la vie végétale et animale en particulier.

Pendant que le refroidissement de l'écorce du globe poursuivait sa marche, la force intérieure du globe ne restait pas inactive. Des soulèvements considérables continuaient d'avoir lieu en différents endroits, et le continent augmentait en surface; ailleurs l'océan, d'une étendue immense, soulevait ses ondes, et toute matière meuble était entraînée par les eaux , qui se chargeaient de tout ce qui pouvait être dissous. Les grands dépôts que laissa la mer formèrent de nouveaux terrains ardoisiers , arénacés et calcaires ; et ces phénomènes , qui alternèrent avec des éruptions plutoniennes , quelquefois aussi avec des éjaculations de granit et de porphyre, ont dû être pendant les premiers temps assez fréquents, à en juger parle nombre de couches que l'on rencontre.

liOrsque les bouleversements furent devenus plus rares

et i|ii*uiic pliiâ ({raiidc ré||ul«Hté eut suceédé à F état convulsîT lies preuiiéres qioques, le soleil, perçant Tatmospliere chaude el cliargt'e de brouiUârds, se montra dan» toute sa s|dendeur vivifiante ; c'est alors qu'apparurent des plantes et des» auï[imu\ d'une orf|anisation plus parfaite. Enfin, lorsque tout fut dispose pour l'arrivée de f homme, celui-ci fut créé par la iiiaîn du Tout-Fuissant pour occu* per la première place sur cette terre, que des révolutions innombrables avaient rendue propre à lui servir de demeure durant son pèlerin a^^e terrestre.

Celte théorie est d'accord^ dans son essence, arec le récit du premier chapitre de la (tenêse.

Telle est en abrégé rbistoire de la terre, histoire remarquable dont des !ia!uralistes sont parvenus à fixer les principales époques. U sera intéressant de comparer cette histoire de la rréalion avec celle que non s présente le premier chapitre de la Genèse, qui, par la clarté des idées, surpasse de beaucoup toutes les cosmogonies des autres peuples anciens, et qui serait entièrement correcte s'il était permis d'attribuer» avec plusieurs savants, à rinexactitude de quelque ancien copiste F altération d'un mol ou d'une phrase dans le récit de la création K Mais, supposé même que de telles fautes n'aient pas été commises, on verra cependant quêta Genèse^ après nous avoir appris que Dieu créa au commencement le ciel et la terre « cVst-à-dire, comme le dit IV . Buckland ^^ F univers et la masse non développée du *{lobe terrestre, nous raconte ensuite la marcbe projiressïie de la création d'une manière conforme a ce qu'il y a d'essentiel dans la théorie Jiéolojjique qui vient d'être exposée. Ainsi on y apprend que la terre s'est développée successivement; que d'abord a été créée la lumière, indispensable h Fexislence de tonte tic orcjanique; que les va-

* On l-tul liii: le pii-eit iie. vfu cuKmii^ciciîei dum pluikai» abrité» gHilogtqutt, ' L4i HMo^U H ta Mittrrntfnfir. Karl», iH^h, page H.

Page 1