CHAPITRE I
fue celte quantité de haies et de bras de mer que nous wyons actuellement et qui, d'après Vopinion des géoUhjues, sont pour la plus grande partie l'ouvrage des eaux, % existaient pas encore.
Xai déjà fait observer que les (erres ont principalement 3té formées par les soulèvements de Técorce du globe qui 3nt forcé la mer à se retirer. Si cette écorce a été sujette à de fréquentes ruptures , celles-ci ont dû se manifester de préférence aux lieux où F écorce était le plus tendue, c'est-à-dire loin des côtes. Cette hypothèse se trouve confirmée par la circonstance que les plus grands massifs de montagnes occupent le centre des plus grands continents, et qu'en général le sol s'incline partout du côté de la mer , comme le prouve le cours des fleuves. Lorsque les côtes sont escarpées , c'est en général par suite des ravages de la mer, soit qu'elle ait enlevé une partie du sol autrefois doucement incliné, ou qu'elle se soit creusé un lit. L'épaisseur de l'écorce du globe a donc été diminuée près des côtes, ce qui explique pourquoi les volcans se rencontrent le plus souvent près de la mer. Ces érosions de la mer, enlevant des étendues considérables aux anciennes terres, sont attestées par les faits historiques dans une foule de localités. Nombre de traditions historiques démontrent que, non-seulement les inondations de la mer ont jadis causé des altérations considérables dans la forme du littoral des différentes parties du monde, mais que la mer a même englouti des contrées très-étendues, lin coup d'oeil jeté sur le littoral des différents pays sufBt pour faire naître cette idée, qui devient presque une certitude quand on considère les nombreuses données historiques et géologiques qui l'appuient, quoiqu'il soit probable qu'on ne parviendra jamais à indiquer avec exactitude toutes les altérations causées par les eaux. On comprend qu'il n'entre pas dans mon plan de faire ici une énumcration détaillée des changements que le littoral
KE DELUUK.
ili*s difti*r^nits6 parties du niimde a dû &uhlr à U suite des
iliffért'nk'S «*ti las trop lies occiijïiîoniu'es par ies invasions dp la im^i^ ni do dt^iilopper les priuivQj^ de tel oti de tel rhan^jeaienl dont il existe des (énioi<^na(]es géolor^iques. Je me bornerai h tracer un la h 1 eau rapide de la fnrnie supposée des difrérentes parties du monde avant la dcr^ ni^re catastrophe diluvienne , et des altérations que ces parties onl subies par suite de celte catastrophe. Aussi hien pour aUeindre le but principal de cet ouvrage («|uî est de prouver ou du moins de rendre vraisemblable fjve texl au (iéplaermetU de l'axe du tjlobe qu'il faut atiributr le déluge univerMi ) ^ il nous importe bien plus de montrer que cette bjpotbtse est lbud*^e dans tous ses points essentiels, (jne d'exposer en délail les diflerents ciiangements qu'a ^*prouvês la surface du globe i ce qui serait Tobjet d'une ijéologie systématique et complète au-dessus de la portée de nus connaissances actuelles.
J'admp[s donc comme première- base de mon hypotlièi^e <pie ie littoral des différente paviies du tmmdf était plut et doucement htdiné vers la mer, avant que les eaux , par suite de violentes cataslrophes, en eussent altéré la forme* Cela posé, je vais essayer d'esquisser en quelques traits la (orme des différentes parties du monde avant la dernière catastrophe *.
L En examinant V Europe, nous voyons que les cdtet les plus exposées auY invasions de la mer sont pour Tordinaire les plus escarpées, Nombre de faits géologiques e! historiques prouvent que plusieurs golfes et bras de la Baltique ont été creusés par cette mer, qui a détacbé plusieurs des Iles danoises du coutitient en les séparant les unes des autres ^ L>e même, il a été prouvé que TAngla»^
> Poar riulelli^FUDe de cet «ipaiè^ il ivriil déiixafal* que le leeleai eûl uni !•• fCfi ÛBt «trtai ««aci*!,
^ Vuj'^t U> pH'i. TrtJtii aur Ia fùrmiklinD de k rarr na1li>|Qie àe V. Kaichhjimiu#r, Il Slaatihûrffffkh^s I0agnvin,
terre était autrefois unie à la France; queTtrlande, lei Hébrides et les Orcades faisaient partie de T Ecosse; que, si le détroit de Gibraltar n'a pas été creusé, il a du moins été considérablement élargi par une inondation ; que la plupart des golfes de la Méditerranée ont été formés par une pareille catastrophe; que la Sardaigne était unie à Tile de Corse, et la Sicile à l'Italie ; que la plupart des lies de r archipel grec, dont plusieurs sont d'origine volcanique, étaient attenantes au continent, et que les détroits des Dardanelles et de Constantinople sont du moins en partie les résultats des révolutions de la mer. On est encore autorisé à supposer que toutes les côtes de l'Europe ont subi des changements plus considérables que ceux dont on peut avec sûreté démontrer les traces. De même , il faut croire que de grandes étendues de terre ont été détachées des côtes de la Norwége, de la Grande-Bretagne et de l'Espagne , sans parler des altérations qu'ont dû subir les côtes autour de la Méditerranée. Plusieurs géologues portent leurs hypothèses encore beaucoup plus loin, mais toujours est-il certain qu'il fut un temps où l'Europe, ainsi que les autres parties du monde, avait, du moins du côté de l'Occident^ une étendue bien plus considérable qu'actuellement, de telle sorte que la mer a dû reprendre une partie du terrain que le feu lui avait antérieurement enlevé.
2. Il en est de même de Y Asie, On ne peut guère douter que la plus grande partie de celte masse d'îles qu'on voit le long de sa côte orientale n'aient fait partie de son continent. Aussi la tradition raconte-t-elle que l'île de Ceylan , ainsi que plusieurs îles voisines de la côte méridionale de l'Asie, furent détachées du continent par une révolution de la mer ^ La structure géologique des côtes
I dette même tnditieo b9B> recoote aosai , ouU sans doole faaiiement . qoe l'île de npflan était le Paradia , la demenre primitive d'Adam et d'Kre. C'eut par suite de nette tradition qo*on fait encore des pèlerinages k la montagne d'Adam.
mi LK DELUGE.
tiouâ autorise encore à admettre que des parties considérables ont Hé eiif^laiilifs par la mer» qui a dû élargir» sinon creuser le déJroil de Cook et celui de Bêrinj^. I*es rerhrrehes ultérieures prouveront aussi qu'une partie des golfes de la mer glaciale» pn'^s du pôle nord, oui èti' creusés par cri te mer
H. VA/rî^ite port*^ aussi les marques d*une aclion violente de la mer, particulièremenl sur la côte de Sierra- Leone, sur plusicur.s points de la cèle de Guinée, au Cap, ïîiir la eôlé de Mo/a m bique, 11 .se peut bien qu'on ne parvieune jamais à prouver Tliypothèse, qui, du reste, paraît Irèâ-vraisemblable, que l'îïe de AIada<]ascar, ainsi que les îles moi us «grandes de Bourbon» dlle de France , les Sérielles» U'S Amiranfes et d'aulrcii» ont fait partie du coulinent de TA trique ; mais la forme écliancrée cl escarpée des côtes cl des îles mentionnées n'en restera pas moins comme un témoin de la violence de la mer,
i. De toutes les parties du monde, V Amérique est celle ou la mer a laissé les traces les plus manifestes de son action. Il est k regretter que le littoral si étendu de cette partie du monde n*ait pas encore été Tobjel de rechercbes aussi exactes que celles que messieurs Alexandre de Humbobit» lîonplaurl, mon eompalriote Lund (au Brésil) et d'autres savaiils distingués ont faîtes dans rinlérieur des terres, Cesten particulier le littoral occidental» depuis le cap Horn jusqu'au détroit de Cook» qui offre les preuves les plus conviiincîinles de la force prodigieuse de la mer» surtout dans sa partie méridionale» du côté du Chili» où les côtes sont en général Irts-cscarpées.
Je ne conteste pas que ces côtes escarpées et forteraent découpées ne doivent en partie leur caractère k la sim[de action des va^jnes de l'Océan agité par les tem pôles ; je ne disconviens pas non plus qu'après la formation des côtes des masses de rocbes primordiales n'aient pu se soulever du sein de la lerre a peu prts aux endroits mêmes où