CHAPITRE IX
nous les voyons actaellement ; mais ces influences n'ont pas été les seules en jeu, car, dans ce cas, le littoral aurait, sinon toujours, du moins ordinairement, formé un talus qui se serait prolongé sous le niveau de la mer. Or, on ne trouve aucune trace d'un pareil talus ; au contraire , c'est précisément le long des côtes occidentales de TAmérique que la mer a le plus de profondeur , comme c'est aussi le cas sur la côte occidentale de la Norwége et la côte orientale de l'Asie. La partie méridionale de l'Amérique , la Terre de Feu et le détroit de Magellan ne portent pas moins l'empreinte de la véhémence de la mer ; en revanche , le reste de la côte orientale de l'Amérique méridionale semble avoir moins souffert à mesure qu'on remonte vers le Nord. L'archipel du golfe du Mexique et toute la côte orientale de l'Amérique septentrionale ont éprouvé des changements très-violents. Il est probable que les îles de cet archipel étaient jadis en grande partie réunies au continent de l'Amérique , el qu'elles en ont été arrachées lorsque des irruptions formèrent ou du moins élargirent la baie du Mexique , ainsi que celles de Hudson et de Baffin, séparèrent du continent l'Ecosse nouvelle, la Terre-Neuve, le Groenland et plusieurs îles, et, selon toute apparence, arrachèrent môme l'Islande du Groenland.
5. Nous connaissons jusqu'ici trop peu de chose de VOcéanie pour en pouvoir tirer des preuves de la grande puissance destructive de la mer. Tout ce qu'on sait avec certitude, c'est qu'une grande partie de ses îles ont une origine volcanique, que d'autres sont des bancs modernes de corail, et que grand nombre d'entre elles ont été soulevées au -dessus de la mer après le déluge. Selon plusieurs savants, la plus grande partie de l'Océanie tenait cependant au continent de l'Asie, et il y a long-temps que Steffens a émis l'idée ingénieuse qu'il y a eu une période dans laquelle il est à supposer que la Nouvelle-Guinée, la
Louisiade, les Mouvelles-Hébrides , U Noavelle-Calédoiite et la Xouvelle-Zélande , ainsi qae la Nouvelle-Hollande, formaient une grande presqu*ile, dont la pointe méridio» nale était située entre le pays de Van Diemen et la Nouveile-Zélande, vers le 30' de latitude méridionale; que cette presqu'île, réunie à FAsie par un isthme, formait avec celte partie du monde un grand continent qui, dans sa forme et dans son développement, devait avoir la plus grande conformité avec l'Amérique, tandis que l'Europe occidentale, qui, selon des données géologiques, a dû être, du moins pendant un temps , séparée de l'Asie^ formait conjointement avec l'Afrique un troisième continent à peu près semblable. M. Forcbbammer a développé cette idée d'une manière aussi intéressante que profonde. Je partage cette opinion en tout ce qu'elle a d'essentiel; mais je crois qu'à l'égard de l'étendue des continents on peut encore aller plus loin.