‹ Le déluge;Chapitre 50 sur 187 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

à ridée d'un plan conçu par le Créateur dès les premiers âges du développement du globe, d'admettre que la rotation n'a commencé qu'après que le globe eût en quelque sorte atteint un certain degré de maturité. Je présume par conséquent que Faction puissante qui fait tourner notre globe autour de son axe dans l'espace de vingt- quatre heures doit être cherchée dans le développement de Vécorce terrestre, ainsi que dans la composition et l'organisation intérieure du globe, et je déclare franchement que je ne puis adhérer à la théorie ingénieuse de Laplace et de Kant à l'égard du développement de notre système solaire. 11 ne me parait pas que cette théorie offre une explication satisfaisante du cours extraordinaire et excentrique des comètes. Or comme il est vraisemblable , selon les expériences les plus récentes, que notre globe a été un jour une nébuleuse qui s'est changée d'abord en comète et ensuite en planète, il en résulte que la théorie que nous combattons , et qui est encore à plusieurs autres égards en opposition directe avec les expériences géologiques, n'est pas apte à rendre compte de toutes les révolutions du globe*. J'ose d'ailleurs espérer qu'il sera évident.

■ Voici on résomé de cette théorie emprontée h la physique d'Oersted , 2<^ édition , $ 412 : « Représentons-nous d'abord le système solaire dans son état non développé , et l'espace qu'il occupe rempli d'une substance aériforme dilatée. La force attractive doit finir par former nn globe de cette matière. Figurons-nous ensuite ce globe animé d'oo mouvement rotatoire aatoor de son axe : il en résultera qu'une partie de la matière •ers ebaisée vers l'éqaateur de ce globe aériforme de manière à l'entourer d'un anneaa qoi, soos la forme d'une espèce d'élévation ou de convexité, resterait intimement lié à la maise principale, si celle-ci no cherchait sans cesse à se condenser et par là à se séparer de l'aoneau, qui finira par se détacher entièrement. Si no équilibre parfait ne soutient pM toutes les parties de l'anneau , celui-ci devrait nécessairement se briser et se contracter ensuite par la force attractive jusqu'à ce qne ses différentes parties finissent par former on globe. La force tendant à suivre la tangente que la masse tient de son pre< mier momrement de rotation doit , avec la force attractive de la masse principale , forcer le nouveau globe à décrire une orbite aotoor de la masse primitive. De plus , comme toutes les parties* dont se compose ce nouveau globe n'ont pas une vitesse égale, il en résultera un mouvement autour de son aie. Une série de condensations consécatirea ont dà produire une série de globes. Comme la masse qui leur a donné naissance s'est de plus ea phis condensée , il fant que la densité de la massp de ces globes aog-

pour cjuironquo i^arcaurru If présent ouvi^age» ijui* la f théorie rn (|uesltofi vit loin d\Hrt' d* accord dana loulos*ei pirtifJi aiec les lois tïv la pliyslquc. Alais en vaèrnB tettj|is* jff dois fairp la n^rmirqiip l'xpri'sse que, si je ae U Irnijve pas salis^raîsarite en tous points, ce nVst pas que jr sois iisseï kVmèraire pour nier les vérités inconips- Ubles que nouH a révélées rastronomie, et que je regarde comme les preuves le.^ plus irréeusiibîes de la grandeur de ' Tesprit bumuin* Que Oieii me préserve d'une pareille folie! ^fais les calculs des astrojMHneîi peuvent iHre de la dernitie exaelîtudt% et iiéoji moins la llïéorie du mouvement des corps célesles reposer sur des suppositions erronées, f/csl ce dont nnus avons un exemple Ira p pan l dans le célèbre Tjebo-ilrabé. Ilonïme astronome, il éltiil certainement supérieur à Copernic; mats, ne voulant pas adopter la tbéorie ingénieuse exposi^e par ee dernier cent ans plus Idt, il persista h prélendre, probablement par des molifs d'une piété mal eji tendue , que c était le soletl qui tournait autour de la terre.

J'ai la convîelton que la géologie On ira par nous révéler un jour une théorie de E^i formation du globe non moiiu

mrule eu proparllua dt- |«ur pruijiuil« Au loloiL »î lci>ii)il«foîi d'iutte» puJiJUiDic«f n'| uul p*ê mil ubitaf'Ic. Tuul porl» à cmii» cjci'il tloU r^gurr Hmvii h ivlrii uji> giund diivelop' P«ia«iil de cbalpurt i|itj d«il nM•laAirpIIl(!E^j prodiikt tiDC almoipbciv lxèi^coa*ï()«rAbl«, <|u'a (tùi ftenàté «a «ooii4lftl»«D 1ai»qij'i>Q ic propoie de dléienniiiffr li gTatid»ar et «fl ulK, l^fL (brarÎB qoj iri«al û'ilri- Bipn»éfl ftpliqtve pourquoi (aolM lot plaa«lH fonwul cû>inni«) uûê ce En lu rr BDluor da to\rU , ■llf'tidu qu'c!lf(<j ont loulou dû *6 ritnnar diint VéquÈtûtit iJ:> cvi ntirt' , duul le» iiirillatioD« , a^iî qqp crll<?«' dM plAnèlei,. dolv«at eu» tiitonêctHv* diiiit dtn lituJlL<» (atl ilruilei,

« Ce qui à'ëtt opi'rû dnnii ]? j^rtind ylobf» nt^bult'UK « pn i« rrpii^lFr d^ol Im maludiM «v«Qt qu'ili no> finKMtt rûcid!('n«(>ii, ce qût nom ctpliqiir rorigint^ Act Eaue». Si , m ron* lr«jri^ . Ia fommlUm A* ] aon^au »>il faïlt à une Mïv âiiinnet du glnbc' jtirinciptl qD> ti force cmlripi'Cv vl h force <:r'ii<trkifugci f raifti-iit en équJllibtC', F«u£.eau nettera iul^uil^ ««m ûucanr fthuratiuii , fomaifl uo mouuraent du dt-ieluppnicnl prl4nLlif da »f«tèmc ig1«ir«. ïkAiurnti aob» aUn ttn paroiT phrnnmrtii» ditm J'aciiiFAti 4]ui rettloun». llsi! plwiète tstuarét die l«t toAfi «it « r^Utivemrnt aa tcltil , c^? qup celui-ci ^il ptr npporl à «n ift* l^m« lupérlc^r, oîi dri orhirc? d^ noietli d^ciîi'pnl ntii< ct'kniuro Autour â^na tantrt, poinme nuoi lu i!O|'0«« âauê lu voir luclw. [)<» Wh f^tU-nit^*. , conipoié» de dyilème* fto- Uir^i, pffDv#irt toLfir^ té'trr partit» d'itulrm wyilém'^a d'tiu ordri* plei* (>|0t(^, tt uin«i d(> i uilr. «

CHAPITRK XI. 01

simple et ingénieuse que celle de Laplaco; mais, il faut en convenir, la route qu^on a suivie jusqu'ici n'est pas de nature à conduire à ce résultat, aussi long-temps du moins qu'on s'obstinera à vouloir expliquer les phénomènes de la terre par ceux du ciel. Laplace, il est vrai, avait été obligé de procéder de cette manière, attendu que de son temps l'histoire des révolutions qu'a éprouvées notre globe était encore inconnue ; mais il est évident que, maintenant que l'on commence à la connaître, c'est à la terre ellemême que nous devons demander le secret de son organisation. Le géologue qui scrute l'histoire du développement de notre planète ne doit pas s'inquiéter si les résultats de ses travaux sont conformes à tel ou tel système astrono* mique.

S'il trouve, par exemple, que l'axe de notre globe s'est déplacé à plusieurs reprises durant son développement, il devra démontrer cette proposition par des preuves géologiques, et, s'il est possible, en recourant aussi aux données historiques. Ce sera ensuite au mathématicien et au physicien d'examiner si le fait de plusieurs déplacements de l'axe s'accorde avec la théorie de Laplace, ou s'il est nécessaire d'en inventer une nouvelle.

Mon but n'est pas de proposer une nouvelle théorie de la création. Comme il sera démontré plus tard que le globe doit avoir changé d'axe au moins une fois, je me bornerai ici à examiner succinctement s'il est possible que l'écorce du globe, malgré sa force et sa solidité, ait pu changer de forme à une époque aussi rapprochée de nous que celle où vivaient les races éteintes des grands mammifères fossiles. Un examen impartial de cette hypothèse, qu'on a jusqu'ici rejetée, servira, je l'espère, à lui donner plus de vraisemblance.

Le diamètre polaire est, d'après Laplace, seulement d'yj-j, ou, selon d'autres, d'environ 3^ plus petit que le diamètre équatorial , ce qui fait à peu près 6 milles géo-

n LK UKLUGhl.

jjraplïU|ucs , (le sorte tni*au\ p*iles on nVsl que d'envirou Il inîlles plus rappmchi^ du centre du globe qu'oo ne Tesl à rt'(jtjat(Mir. 11 est reconnu pur de nombreuses obseriralions (]iiê lu lemprraturc du sol auf(me»ïte k mesure qu'on pùnèlre dans li^ stiu de la lerre, vi tila dans nue pro^çression si surpreuQîUe, qu'à la proroiideur d'un nulle et demi géographique bi température apijroclie de celle du Icr rou*je et qu'à b prulbndeur de 5 h iï nillles j^éogrojihiques i majàse est à rêtal de l^usion ïjKaudi'sreiite. A lai s, suppo! mc^mc qu'on n'admette pus celte eont'lusîou, toujours est Il que Técorce du globe est exirthiiemeui miïice pur rap*port h sou diamètre^ qui esl d'à peu près 1,7:20 milles, et à sa ci re o u fé re ii c t% q u t es t d * à peu [i rè s 5 , 400 m i 1 1 e^ , c estâ-dire qu'en se représenlunt bi lerre sous la ("orme d'un globe d'un raèlre de diamètre, la croûte solide n'aurait f^uêre que répaisseur d'une feuille de papier. Le centre de notre globe est, selon toute appareuee, occupé par un noyau solide; le globe n'est doue pas creux, encore moins, comme on Ta naiieittent prétendu, peuplé d'élres vivants. Cependant pour ijuiconque a suivi avec attention ritistoire du développement du globe, surtout le^ plténomèues qui ont dh accoiupatpier sou re froid issenient graduel à partir de la surface; pour quiconque a fait atlent ion aux rapports intimes r|ui existciil entre les volcans répandus â la surface du globe, ainsi qu'à la violence de leurs irruptions; pour quiconque a observé les déplacements auxquels ont été assujetties des parties considérables de Técorce du globe h des époques trés-rap proche es de nous, pour celui-là il ne sauraily avoir incompalibihté avec les lois de la nature, à supposer que récoirc du globe ne repose pas immédiutenient sur un fondement solide, mais qu'elle forme coomie une voûte autour du noyau in teneur, semblable aux nuages qui vogneni dans ralmospbçre. A ceux qui voudraient révoquer en doute la possibilité de ce phénom^ne, il suffirait de rappeler tutmeau de Sattmtef qui forme également

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