CHAPITRE XII. ns
ont conservée en se roidissant. Quand il s*agit de trouver la cause d^une pression latérale assez forte pour donner aux couches une forme contournée, il n'est pas hors de propos de recourir à un soulèvement de deux chaînes de montagnes parallèles ou à d'autres révolutions partielles de la nature. Je dois cependant faire observer qu*en général, le soulèvement de montagnes est plutôt propre à faire prendre aux couches déplacées une position inclinée qu'une forme contournée. Il semble que l'énorme pression qui était nécessaire pour produire ces phénomènes n'ait pu être amenée que par le déplacement simultané de plusieurs parties de l'écorce du globe, se portant des régions de l'équateur vert les régions polaires, et par la tendance du globe à prendre une nouvelle forme sphérique. Cette hypothèse du moins est la seule qui réunisse toutes les conditions nécessaires pour produire une telle pression , savoir : la force centripète, qui tendait à porter vers le centre la partie disloquée de l'écorce du globe ; le liquide intérieur, qui empêchait qu'elle ne s'affaissât considérablement; et enOn, l'énorme pression latérale que devait subir l'écorce du globe toutes les fois qu'elle s'enfonçait dans des excavations d'une étendue horizontale moindre que sa propre surface. Si ce phénomène n'est pas plus fréquent et s'il ne se montre le plus souvent que sur des espaces peu étendus , c'est que l'écorce du globe a été sujette à de nombreuses révolutions qui en ont effacé en partie les traces.
Les phénomènes géologiques que je viens de signaler, de même que plusieurs autres d'une importance non moins grande que je mentionnerai plus tard, s'expliquent donc au moyen de l'hypothèse que l'équateur a une fois eu une * autre position que celle qu'il a actuellement ; ces phénomènes sont par conséquent autant d'indices géologiques en faveur de cette hypothèse. Je ne disconviens cependant pas qoe, si ces indices n'étaient que des faits isolés, ils ne sufTiraient pas pour justifier la théorie, et qu'il faudrait
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LE DELIGK,
loi chercher des preuves nouvelles et plus fortes ; mais je pense que les phénomènes que j'iiî allégués en faveur d^ mou hypothèse la rendent assez vraisemblable pour qu'il me soit permis de devancer la marche de ces îiiveslî galions, en rerherchanl si ce nVsl pas dans Ihisloire du dé*] vthppemenl du globe qu'il faut placer la cause du dépla-| cernent de son axe , el si la révolution causée par mi déplacement n'est pas un chaînon nécessaire daas ]«( grande série des phénomènes de la nature si inlimemctit] liés les uns aux autres, dont se compose riiisloire du dé»| veloppement du jjlohe; en d'autres termes^ s'il n'y a pas [ assest de raisons pour admettre que /É!!i^/>àifem^;ii^/^rfl^ du tjluhe est la mnsêquenre des grandes lots de lu nature. Je terminerai enfin ces recherches en exposant la preuve ' principale sur laquelle je fonde ma théorie, savoir les effets produits sur le littoral des terres par le déluge que le dernier déplacement d'axe a dû occasionner.