CHAPITRE XIII
entièrement inconnue), et qu*il faudrait plutôt dire : u réuni par la mer, n puisque c*est précisément aux bords des mers de FEurope , notamment de la Méditerranée et de la Baltique, que la civilisation a commencé à se développer et a pris le plus d'essor, tandis que ce n'est que beaucoup plus tard , par suite des bouleversements de Tordre établi et principalement par suite des migrations des peuples, de la propagation du christianisme, des croisades, mais surtout par suite de la révolution causée par F invention de Fart de Fimprimerie, que les autres nations de FËurope ont pris part à ces bienfaits intellectuels ^ Je nVssaierai non plus de montrer, puisque d'autres Font fait avant moi, comment la constitution naturelle du littoral de ces mers a contribué de concert avec plusieurs autres circonstances à modifier la civilisation des peuples de ces contrées , ni comment la civilisation ancienne est arrivée à son apogée chez les Grecs, qui habitaient précisément de nombreuses petites îles, et qui plus que toute autre nation se trouvaient entourés par la mer, qui les séparait les uns des autres \ Le fait important pour nous est de constater que la mer a joué le rôle le plus important dans Fhistoire du développement du genre humain ; mais pour qu'il en fût ainsi, il était nécessaire que les voies de communication qu'elle of&ait ne fussent pas d'un accès trop difficile, c'est-à-dire qu'il y eût des bras de mer sûrs et profonds, puisque sans cela la navigation et le commerce maritime n'auraient jamais pu prendre une bien grande extension. Or, il résulte de ce que nous avons dit du soulèvement successif des terres au-dessus du niveau de la mer, que les bras de mer et les golfes profonds, si appropriés aux besoins de la navigation et du commerce, n'ont pu se creuser leur lit peii-
I Peot-élre cependant qu'âne fois l'énorme développement des voies de commuoicatioB par terre, notamment des chemins de fer, josti6era l'ancien dicton.
3 Voir la Philosophie de VHistoire , par Hegel , notamment la seconde partie , et la PMMophk de Alolbeeh.
LE DÉLirCE.
daril loë L*pot|iit*s tranquilles du développement du gloBê^ puisqu'ib lendent au conlraîre à en niveler la surface. t|] faul diiiit: qu'ils soient rolTet d'irruptiuns violenter de lt| mer durant des époques plus ngilees» d'où il r/*salle quA ledrlujie, qui, C4>mme nous le verrons par la suite ^ ft profondrinenl altéré riineîeï* lilloral des terres et formé des bras de mer et des golfes nombreux cl profonds» doit être considéré eooïme la cause néeessaire de l'existence de ces derniers et comme un chaînon indispensable daus r histoire du développement du jjlobe. Remarquons encore que Fhomme, privé de Tusagedes métauic, n'aurait jamais sans le déluge pu s'élever à un haut degré de eivilisatioa, attendu que les soulèvements de montagnes ^ même les plus considérahles (qui en général ne disloquent pas le soi , mai» »e bornent uniquement à déplacer les masses anciennes), n'auraient pas mis T homme en mesure de se procurer des métaux en grande abondance, s'il avait été obligé de les extraire à grand' peine du sein de la terre. Il fallait qu'un bouïeversenient violent, accompagné d'un déluge général» vînt les arracher en quantité sulTisanti aux roches solides et les disperser à la surface. Sous et' rapport encore» un déplacement d'axe qui aurait violemment bouleversé certaines parties de l'écorce du globe, nous apparait comme une conséquence nécessaire des loiS' de la nature.
Quand le globe fut asses avancé pour que le règne animal» dont rhonirae aussi fait partie, put atteindre le plus grand développement phjsîque dont il est susceptible» il ne restait plus à réaliser que le développement intellectuel de r homme. Une révolution» dont il faut rechercher la cause dans te globe nïéme et dont le résultat fut un bouleverse* ment total de Tordre de choses existant» devait réaliser ce dernier progrès. La cause de cette révolution fut un déplacement de l'axe du globe, accompagné non-seulement de violents phénomènes volcaniques» mais aussi d'un déluge