‹ Le déluge;Chapitre 65 sur 187 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

les terres et exercer une grande influence sur la forme du littoral des continents. Ce cataclysme était sans doute prévu dans les plans du Créateur, comme devant conduire à un ordre de choses plus parfait. On objectera que cette catastrophe ayant dû nécessairement faire périr la plus grande partie des êtres organiques, pour qui les terres étaient une condition absolue d'existence, elle semble, par là même, être en opposition avec la sagesse infinie de Dieu. Mais il ne faut pas oublier que ces révolutions du globe (dont toutefois aucune n'a été aussi violente que la dernière) étaient nécessaires pour le développement de la création. C'est ce qu'il nous sera surtout facile de démontrer pour la dernière révolution. Il est incontestable que l'existence d'un continent aussi immense que celui que formaient les cinq parties du monde, lorsqu'elles étaient réunies, a dû offrir les conditions les plus favorables pour la vie végétale et animale , par suite de sa situation sous l'équateur, de ses plateaux et d'autres rapports physiques qui en faisaient un sol extrêmement fertile. Aussi avons-nous vu que les fossiles parvenus jusqu'à nous démontrent qu'avant le déluge la vie animale et végétale était douée d'une énergie telle, qu'elle semble avoir exigé un continent comme celui que je suppose. En effet, il faut l'existence d'un pareil continent pour expliquer d'une manière satisfaisante l'apparition d'animaux aux proportions colossales, dont on ne trouve nulle part des débris aussi nombreux qu'en Sibérie et dans l'Amérique du nord, c'est-à-dire précisément dans les contrées qui, d'après ma théorie, constituent les restes de ce continent prodigieux qui , par grâce à sa po«> sition élevée, à son climat chaud, et aux chaînes de montagnes dont il était traversé, doit avoir offert plus qu'an* cun autre , les conditions nécessaires au développement et à la propagation de ces animaux.

Mais le dernier but de la création du monde n'a pas pu être le développement de la vie végétale et aaimâle tel

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c|ue nous le rencon Irons dans les derniers âges du globe, pos pliis que de faire atteindre k Tliomine de grandes dimensions phjsj«|iifs, liiî développement spirituel du genre ' humain, lel est le seul plan di<])»e des grandes vues du ' Créateur. Je crois donc que de même que le règne minéral ri le r^gne iêgélal ont alteiiU leur point culminant » rnn dans [es pins aneiennes périodes de la lormatioii du gîrjî)c, Tanlre dans wne des époques suivantes, de iiu^me le rejrne animal a joué son rote le plus important dans la période qui s^est terminée par te déluge. Admettons un instant (pii ropiiiîon des anciens naturalistes qui pensent qiteleg^Mirrf humain a dû être très-répandu avant le déluge, soit l'i ronce, supposons même qu'il n*ait point existé d\Hrcs humains avant le déluge universel, qu'encore le dét'eloppement progressif des facultés intellectuelles du genre li main aurait nécessité une révolution semblable. \'e voyons^ nous pas en effet les liabitanls de F Asie, de ce berceau du genre bumain, oi\ T homme a pu dès son enfance et oîi îl peut encore aujourdîiui se procurer sans peine les objets nécessaires à son existence, rester durant des siècles au même degré de dévfeloppement, tandis que les habitants de TEuropc, qui avaient à vaincre les difllcultés nombreuses que leur opposait la constitution physique de cette partît du monde, marchaient dans la voie du progrés intellectuel avec une persistance que les peuples asiatiques n'atteindront peut-être jamais ! et tout cela uniquement à cause de la constitution naturelle de leur sol. «

11 ne peut être question d'exposer ici comment les rap^v^ [lorts physiques de l'Europe ont contribué à donner à la vie politique et domestique de cette partie du monde un développement si différent de celui des autres — ce serait empiéter sur le domaine de la philosophie de l'histoire. Je me bornerai donc à faire observer que Texpression " séparé par la mer ^) est et a toujours été fausse (si ce nest dans les temps les plus reculés, lorsque la navigation était presque

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