‹ Le déluge;Chapitre 76 sur 187 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

les mouvements plus ou moins irréguHers auxquels le globe a dû être sujet pendant quelque temps , à la suite du déplacement de son axe, soit par la réaction des courants du nord au sud qui sont venus se heurter sous Téquateur, et Ton comprendra facilement pourquoi les régions de Féquateur actuel entre le 45° degré de latitude septentrionale et méridionale sont celles où les traces non équivoques d'une direction prépondérante du déluge sont les moins fréquentes , spécialement au sud de Féquateur, où la masse d^eau était plus considérable. Les traces de courants n'y sont cependant pas entièrement nulles : c*est ainsi que le grand golfe qui forme toute la côte méridionale de la Nouvelle-Hollande semble être reffetd'un puissant courant venant du côté du sud, et la grande masse de ces mêmes eaux semble expliquer comment en venant de ce côté elles ont pu repousser le courant du nord et creuser les golfes de la mer des Indes , et comment conjointement avec le troisième courant principal , dont la direction était de Test à l'ouest, elles ont pu creuser et modiûer les golfes nombreux de l'Asie , qui tous plus ou moins semblent se rattacher à un courant venu du sudest, tels que la mer Rouge, le golfe Persique, le golfe de Siam et celui de Tonkin, la mer Jaune , etc. Plusieurs des golfes de la côte orientale de l'Afrique et de l'Amérique semblent aussi se rattacher au troisième courant principal, qui probablement a exercé une influence notable sur la forme des côtes de la Méditerranée.

Quoiqu'il soit difûcile d'indiquer la loi selon laquelle ont été creusés les golfes de la Méditerranée y on n'est cependant pas entièrement dépourvu de guide en suivant ma théorie. Le premier courant du déluge venant du sud-ouest semble avoir laissé des traces dans les golfes de Gênes et de Venise, mais surtout dans la forme du littoral de la Dalmatie ainsi que dans celle de la côte occidentale de la Turquie, de la Grèce et de l'Asie-Mineure. Peut-être aussi ce

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courant a-l-il formé les dMroîls des Darrianclles et dp

€onstun(iiioplf>, Imn qo'ib seiiiblpiit daipr d*iine e])oqtiP pliis récente. De mc'^ine que la cùie méridionale de la .Mer Xoire forme ileux bairs qui rappellent le second courant principal, de mi'ine ïa eirconslaiice (]uc la Xlédîterranée ne présente pas de fjolfes dans la direclion du nord au sud, mais que la mer le Icrijj de T^^friq^e est peu profonde et son fond formé de sable ^ semble eonfirmcr ma tliéorie, puisque, pendant que le déplacement d'axe avail lieu, la partie de F Europe qui est au midi du 45** de latitude boréale j devait être sunîsainment exhaussée pour être à Taliri des eaux» si ce n'est de celles que le premier courant principal avait élevées a un niveau plus considérable. Mais c'est ijurlout le troisième courant, dont la direction est de Test à rouest, qui a laissé des traces sensibles sur les côtes de la Méditerranée, en imprimant aux eaux poussées du cûté du nord et du nord-est par le premier courant principal une direction nord'Ouest, direction qui est trèsvisible dans les «golfes du littoral de la France et de l'Espagne, mais surtout dans celui de Tarente, dans la mer Adriatique et dans la céte orientale de la Turquie et de la Grèce.

On jjeut sans doute élever des doutes sur l'exactitude de plusieurs détails de la théorie du creusement des golfes et des bras de mer que je viens d'exposer. Néanmoînsi elle me semble assez évidente , dans ce qu'elle a d'essentiel , pour former, conjointement avec les indices nombreux qui déjà ont été signalés ou qui vont Tétre, une preuve irréfragable du déplaiement dUtxe que je suppose avoir eu lieu.

Je ne saurais terminer cette partie du présent ouvrage sans mentionner deux phénomènes du plus grand intérêt (géologique pour les Scandinaves, savoir i les terrains erratiques (diinvinm) de rhémisphére boréal, principalement ceux de l'Europe septentrionale» et le creusement

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